Pour assister à l’investiture de son nouveau président Javier Milei, l’Argentine a fait parvenir à la France une invitation officielle « au plus haut niveau ». La cérémonie se déroulera ce dimanche 10 décembre, dans l’après-midi et dans la Casa Rosada, le palais présidentiel. Sauf que Paris a décidé d’envoyer sur place… son ambassadeur à Buenos Aires, Romain Nadal. Service minimum, donc. Une façon de prendre ses distances avec ce chef de l’État pour le moins controversé en raison de ses thèses libertariennes et climatosceptiques mais aussi de ses discours lestés d’insultes et de diatribes.
Dans l’exécutif, personne n’était emballé de faire le voyage. Le choix du ministre de l’Économie Bruno Le Maire avait d’abord été envisagé pour traverser l’Atlantique. « Mais Le Maire viendra en Amérique latine au premier semestre 2024. Son agenda ne lui permet pas de venir deux fois dans la région en quelques mois », explique une source diplomatique. Quant au ministre délégué au Commerce extérieur Olivier Becht, qui participa à l’intronisation du président brésilien Lula en janvier dernier, il se trouvera au même moment aux États-Unis pour une visite prévue de longue date. Enfin, Emmanuel Macron entretient des relations très amicales avec le président sortant Anibal Fernandez…
PODCAST. Qui est l’exubérant Javier Milei, nouveau président argentin
Ce n’est pas le choix qu’a fait, en revanche l’Espagne, qui sera représentée par le roi Philippe VI. Seront également présents les présidents d’Uruguay Luis Lacalle Pou, du Chili Gabriel Boric, d’Équateur, Daniel Noboa, du Paraguay, Santiago Peña et d’Arménie Khachatryan Vahagn. Le Premier ministre hongrois, le populiste Viktor Orban, va faire le déplacement.
La présence de Donald Trump est incertaine
Absent de taille : Lula. C’est son ministre des Affaires étrangères qui le représentera. Le Brésilien ne décolère pas : Javier Milei l’a traité de « corrompu » et a promis pendant la campagne de ne jamais le rencontrer, s’il était élu. Milei se bat par ailleurs pour détricoter le marché sud-américain Mercosur. Pour ne rien arranger, ce dernier s’apprête à recevoir chaleureusement Jair Bolsonaro, l’ex-président brésilien. Mais aussi Santiago Abascal, le leader du parti d’extrême droite espagnole Vox. La présence de Donald Trump est en revanche incertaine, même si ce dernier a promis à Milei de venir lui rendre visite. Tous les invités seront conviés, le soir, à un gala au théâtre Colon pour assister à l’opéra de Puccini « Madame Butterfly ».
Avant son investiture, Milei s’exprimera devant ses supporters sur les marches du Congrès, puis il participera à une messe à la cathédrale métropolitaine de Buenos Aires. Sur le plan politique, la future équipe de Milei commence déjà à se dessiner. Et, surprise, lui qui promettait d’éliminer « la caste » des politiciens, a dû faire appel pour son futur gouvernement, faute de majorité au Parlement, à quelques figures bien connues de la politique argentine, comme les anciens ministres Patricia Bullrich ou Luis Caputo.
Pour diriger la chambre des députés, Milei a désigné Martin Menem, neveu d’un ancien président. Il reste encore à l’extravagant président quelques heures pour terminer son casting. Il enchaîne les rendez-vous dans un hôtel du centre-ville de Buenos Aires où il s’est installé à demeure, depuis la campagne présidentielle.
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