Invitée à un tournoi à 4, la France joue – et perd – deux matchs | Équipes Nationales – Hockey sur glace
La FFHG cherche des adversaires du meilleur niveau possible pour l’équipe de France. Pour la trêve de novembre, elle a réussi à se faire inviter à rejoindre la Lettonie, la Norvège et le Danemark, qui sont dans la troisième année d’un accord pour faire un tournoi entre eux en novembre, une fois dans chaque pays. Mais à la rentrée, la fédération norvégienne a annulé tous les programmes de son équipe nationale en raison d’un lourd déficit. Le Danemark en a profité pour se désister car l’accord ne valait plus sans les Norvégiens : depuis l’an dernier il est invité à la Deutschland Cup et aurait été en peine d’aligner une équipe B compétitive.
La fédération lettone avait prévu un tournoi de quatre pays à Liepaja, avec subvention du conseil municipal de cette ville. Quand il ne lui restait plus qu’un adversaire, elle s’est rabattue sur un plan B. La France serait reçue à Riga, dans son centre d’entraînement national. Mais ce n’est pas l’Aren’Ice : il y a deux pistes mais il n’y a que 500 places assises ! Cela illustre le problème de la capitale lettonne : il n’y a aucune salle de niveau intermédiaire entre l’Arena Riga, très chère à louer avec plus de 10 000 spectateurs, et des patinoires de moins de 1000 places. Après leur médaille de bronze en mai, les héros de tout un pays sont donc contraints de commencer leur saison internationale dans une infrastructure plus dédiée à l’entraînement.
Signalons que les Norvégiens ont finalement trouvé les fonds en octobre et se sont dits prêts à venir, mais il était trop tard pour que la fédération de Lettonie change une fois de plus tous ses plans…
Le principe retenu est d’aligner des équipes de 26 ans ou moins. Dans la convocation française, Fabien Colotti et Aurélien Dair ont déclaré forfait et ont été remplacés par Robin Colomban et Quentin Tomasino. Ces deux joueurs sont d’ailleurs alignés ensemble en infériorité numérique, où Robin Colomban fait valoir son allonge afin de coincer le porteur du palet. Le second jour, le centre de Briançon sera utilisé également en supériorité numérique, où il posera de bons écrans.
Après la récente annonce de la suspension de Jules Boscq, la France attend encore plus un autre joueur de Bordeaux, Kevin Spinozzi, pour servir de défenseur offensif à des lignes arrières qui ont un nombre limité de cadres.
L’effectif letton oscille entre des médaillés mondiaux sur le premier bloc et trois débutants en équipe nationale sur le quatrième trio offensif (Ravinskis-Roķis-Cjunskis).
Les Français connaissent des difficultés malheureusement habituelles de démarrage pour se mettre au niveau international. Ils sont rapidement acculés dans leur zone et Hugo Gallet retient Patriks Ozols quand celui-ci s’infiltre jusqu’au but. Les hommes de Philippe Bozon gèrent bien l’infériorité numérique. Mais au moment où ils semblent reprendre le dessus dans les duels, Kevin Spinozzi s’avance beaucoup trop haut en zone offensive alors que les Lettons ont le palet en fond de zone. Son vis-à-vis Eduards Tralmaks démarre alors entre lui et Bougro, reçoit le palet de Haralds Egle via la bande, fonce sur l’aile droite et centre pour Filips Buncis, qui a devancé Enzo Guebey au second poteau. Le défenseur longtemps formé en Suisse, qui a été prêté puis transféré à Davos la semaine dernière, s’était bien replié pour sa part, mais il a été nettement battu en vitesse de patinage (1-0, photo ci-dessus).
La France reste ensuite dominée et commet des erreurs grossières, comme cette passe un peu aveugle de Loïc Farnier depuis le coin de la zone défensive qui offre une position de tir idéale à Renars Krastenbergs. Heureusement que Quentin Papillon repousse du bras droit. C’est Dylan Fabre qui crée l’occasion majeure, tout seul, en éliminant son vis-à-vis Ošenieks par son accélération fulgurante en zone neutre pour s’offrir un 2 contre 1 et servir Tomas Simonsen. Mais le tir faible de l’Amiénois échoue dans la botte gauche du gardien malgré l’espace ouvert.
Trop rarement installée en avantage numérique après les trois fautes de la Lettonie (toutes commises en zone offensive), la France n’est pas en mesure de revenir en deuxième période face à une équipe plus technique et mobile. Elle encaisse un second but à la mi-match. Le bon travail de Georgs Golovkovs derrière la ligne de fond écarte la défense et Quentin Tomasino ne voit pas que le défenseur Patriks Ozols est monté dans son dos pour recevoir la passe en position fatale entre les cercles et feinter joliment Papillon (2-0, photo ci-dessus). La crosse de Melin touche un visage letton en fin de mouvement après avoir envoyé le palet au fond. On est proche du 3-0 pendant cette pénalité quand Frenks Razgals lance sur la barre après une superbe passe transversale d’Egle.
Farnier est sanctionné pour un cross-check en zone offensive sur Golovkovs (qui s’est vraiment laissé tomber après cette poussée minime), mais en infériorité numérique, Fabre ressort le palet pour Baptiste Bruche, parti absolument seul, qui place son tir sous le bras gauche d’Ivars Punnenovs (2-1). Au retour sur la glace pour le troisième tiers, un slap de Kevin Spinozzi frappe même le base du poteau. On est passé près de l’égalisation… et une minute plus tard, en venant rechercher le palet dans sa zone, Colomban se fait contrer en se retournant par Eduards Tralmaks qui marque alors un superbe but du revers (3-1).
Malgré cinq minutes finales de poussée, la France ne reviendra pas. Une prolongation et une séance de tirs au but d’entraînement sont jouées à la fin du match. Les pénaltys tournent à la démonstration pour les techniciens lettons et leur gardien Punnenovs : 4 à 0 pour les Baltes !
Désignés joueurs du match 1 : Ivars Punnenovs pour la Lettonie et Quentin Papillon pour la France.
Les alignements sont identiques le lendemain, hormis le treizième attaquant Tomasino qui remplace Matima sur le quatrième trio centré par Colomban. Seuls les gardiens ont changé. C’est le saut dans le grand bain en équipe de France pour Tom Aubrun. Le gardien de Chamonix est à la fois le seul débutant et le doyen de l’effectif, à 27 ans.
La France aborde ce second match avec la bonne intensité de ses quatre blocs, mais quand les lignes de départ reviennent sur la glace pour leur deuxième présence, le trio offensif de Gabin Ville se fait prendre par une transition rapide à 3 contre 2. Renars Krastenbergs décale sur la droite Kristaps Zile pour un lancer, puis vient exploiter le mauvais rebond laissé par Tom Aubrun (photo ci-dessus). Sur sa présence suivante, Krastenbergs ajoute un second but sur un slap masqué par Zile après une séquence installée (Robin Colomban a manqué l’occasion de dégager le palet).
Auteur de ce doublé rapide en six minutes, Krastenbergs était encore au chômage il y a quelques jours, depuis son contrat temporaire d’un mois à La Chaux-de-Fonds pour pallier la blessure de Sondre Olden. Il était le meilleur marqueur de l’équipe mais La Chaux préférait recruter un vrai centre. D’habitude ailier, Krastenbergs est testé ici au centre en sélection. Il retournera en Autriche puisqu’il vient de signer à Graz.
Le début du deuxième tiers-temps semble plutôt difficile pour les Bleus, car Tom Aubrun signe un arrêt capital sur une déviation à bout portant après une combinaison rapide. Mais le gros travail de grattage en fond de zone de Robin Colomban et Baptiste Bruche est récompensé par un but : Enzo Guebey envoie à la cage et Kévin Spinozzi est présent dans le slot pour son premier but international (2-1). Mais dans la minute qui suit, Guillaume Leclerc « surjoue ». Il fait tout le tour de la zone offensive avec le palet et se met en mauvaise posture quand il repasse au niveau de la ligne bleue. Martins Dzierkals lui vole trop facilement la rondelle et remporte son face-à-face avec Aubrun d’une superbe feinte droite-gauche (3-1, photo ci-dessus). Le gardien chamoniard a de quoi se sentir seul mais cela lui permet d’effacer la piètre impression du début de match quand il effectue un double arrêt devant Buncis et Tralmaks sans beaucoup de soutien.
Les pénalités baltes viennent au secours des visiteurs. Juste après la mi-match, après un cinglage d’Osenieks, c’est Krastenbergs qui fait trébucher Bougro. La France joue donc à 5 contre 3 pendant 1’40… mais sans en profiter. Le lancer du cercle gauche de Jordan Bougro ne touche que le coin de la cage. Les hommes de Philippe Bozon essaient jusqu’à la fin mais quand ils sortent leur gardien, Vincent Melin se fait contrer et Razgals envoie le palet en cage vide depuis la zone neutre.
La Lettonie a changé de gardien quand la France sortait le sien. Arginto Milbergs, 20 ans, devient donc le plus petit gardien de l’histoire de son équipe nationale, à 1m70. Cela peut sembler bizarre de le faire rentrer pour les deux dernières minutes, mais il joue aussi la prolongation d’entraînement et les tirs au but, qui tournent encore à l’avantage de la Lettonie (3 à 2).
Désignés joueurs du match 2 : Renars Krastenbergs pour la Lettonie et Baptiste Bruche pour la France.

Match 1
Lettonie – France 3-1 (1-0, 1-1, 1-0)
Jeudi 9 novembre 2023 à 19h00 à la Daugavas ledus halle « B ». 500 spectateurs.
Arbitres : Andris Ansons (LET) et Michał Baca (POL) assistés de Dāvis Zunde et Renārs Davidonis (LET).
Pénalités : Lettonie 10′ (2′, 4′, 4′) ; France 6′ (2′, 4′, 0′).
Tirs : Lettonie 36 (20, 7, 8) ; France 18 (3, 10, 4).
Évolution du score :
1-0 à 07’08 : Buncis assisté de Tralmaks et Egle
2-0 à 29’44 : Ozols assisté de Golovkovs et Melnaksnis
2-1 à 38’47 : Bruche assisté de Fabre (inf. num.)
3-1 à 41’51 : Tralmaks
Match 2
Lettonie – France 4-1 (2-0, 1-1, 1-0)
Vendredi 10 novembre 2023 à 19h00 à la Daugavas ledus halle « B ». 555 spectateurs.
Arbitres : Jevgenijs Griskevics (LET) et Michał Baca (POL) assistés de Dāvis Zunde et Toms Mencis (LET).
Pénalités : Lettonie 6′ (0′, 6′, 0′) ; France 6′ (4′, 2′, 0′).
Tirs : Lettonie 33 (11, 15, 7) ; France 24 (7, 7, 10).
Évolution du score :
1-0 à 02’56 : Krastenbergs assisté de Zīle
2-0 à 05’53 : Krastenbergs assisté de Rubīns et Zīle
2-1 à 23’01 : Spinozzi assisté de Guebey et Colomban
3-1 à 23’49 : Dzierkals
4-1 à 58’13 : Razgals assisté de Roķis (cage vide)
Composition des équipes
Lettonie
Attaquants :
Mārtiņš Dzierkals (A, +1) – Renārs Krastenbergs (+1, 2′) – Oskars Lapinskis (+2, 2′)
Eduards Tralmaks (+2, 2′) – Filips Gundars Buncis (+2) – Haralds Egle (+2)
Frenks Razgals (+2) – Rihards Melnalksnis (+2, 2′) – Georgs Golovkovs
Anrī Ravinskis (-1) – Kristaps Roķis (2′) – Roberts Cjunskis (+1, 2′)
Défenseurs :
Kristjans Rubīns (A, +3) – Kristaps Zīle (C, +3)
Roberts Mamčics – Miks Tumānovs (2′)
Artūrs Andžāns (+3) – Nauris Sējējs (+2)
Ernests Ošenieks (-1, 2′) – Patriks Ozols (+1)
Gardien au match 1 :
Ivars Punnenovs
Gardien au match 2 :
Ēriks Vītols puis à 58’13 Arginto Milbergs
France
Attaquants :
Guillaume Leclerc (A, -4) – Gabin Ville (-4) – Bastien Maia (-3)
Dylan Fabre – Théo Gueurif (2′) – Tomas Simonsen
Jordan Bougro (-2) – Adel Koudri (-3, 4′) – Loïc Farnier (-1, 2′)
Baptiste Bruche – Robin Colomban (-1) – Rudy Matima (-1) [au match 1, puis Tomasino]
Quentin Tomasino
Défenseurs :
Hugo Gallet (C, -3, 2′) – Thomas Thiry (A, -1)
Kevin Spinozzi – Enzo Guebey (-2)
Yohan Coulaud (-2) – Enzo Cantagallo
Vincent Melin (-2, 2′)
Gardien au match 1 :
Quentin Papillon [sorti de 58’22 à 60’00]
Gardien au match 2 :
Tom Aubrun [sorti de 57’44 à 58’13]
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