Jordan Paugam, responsable de la boutique du Comptoir Irlandais de Morlaix, implantée au 10, place des Otages, assure que « Noël est un moment très important » dans son commerce spécialisé dans les produits irlandais et anglais. « Les gens viennent y chercher le côté chaleureux des Noëls de là-bas », décrit le professionnel, qui rappelle que les festivités « durent souvent jusqu’à deux semaines ». Avec notamment une envie de déguster « le Christmas pudding », le dessert traditionnel ! Parmi les petites spécificités culturelles, différentes d’ici, le Comptoir irlandais évoque « l’envoi de ses vœux, avant Noël, par cartes postales originales, recouvertes de toison de laine de mouton irlandais ». Autre rendez-vous phare, le « Christmas swim », accompagné de son remontant hivernal : « Le jour de Noël, des milliers d’Irlandais se jettent dans les eaux glacées de la côte, pour le plus grand plaisir des spectateurs, mais aussi afin de soutenir de nombreuses œuvres caritatives ». Un rituel que l’on peut d’ailleurs aussi vivre dans le Pays de Morlaix (Carantec, Cléder, Plouescat ou encore Locquirec).
Dans la boutique Saloum Exotiques, située au 58, rue de Brest, il y a une habituée des lieux, surnommée « Mama » qui adore « Noël en tant que chrétienne parce que c’est une grande joie » et qui chante donc joyeusement « du gospel à l’église » Saint-Melaine mais aussi à celle de Saint-Mathieu. La dame de 65 ans, Camerounaise, installée à Morlaix depuis 14 ans, raconte « l’ambiance qui règne dans son pays du 24 décembre au matin jusqu’au 26 ». Elle a en tête « les enfants qui vont avec de grands sourires de maison en maison avec des fleurs. On leur donne de l’argent, des masques… On chante, on danse, c’est la folie ». Pas de décoration là-bas, « on ne se prend pas la tête »… «C’est comme pour les repas, on cuisine mais pas avec des aliments comme ici, aux prix ahurissants… On fait des plats avec ce qu’il y a, des produits de base pour faire des très grands plats… » Comme la spécialité de « Ndole [NDLR : feuilles vertes bouillies à l’eau] avec crevettes, de la morue, de la viande… » ou encore des « salades de fruits avec des bananes, des mangues, des amandes… » Ce qui compte pour Mama, « c’est la solidarité et qu’il y ait beaucoup de monde ». Et en résumé, durant deux jours, entre les « récits de Noël que l’on se raconte, on mange, on se repose et ensuite on remange ».
3 Au Brésil, « on s’habille, on va à la messe et on fait la fête »
Alexandra Da Luz, la patronne du restaurant brésilien Le Salvator, ouvert au 31, rue du Mur, se réjouit par avance de Noël. Cette année, elle va fermer le restaurant officiellement mais s’en servira pour accueillir « famille, amis brésiliens et clients qui sont seuls et ont envie de participer à une fête privée et familiale ». Pour elle, catholique, « on ne reste pas seuls à Noël car c’est une grande fête, c’est là où commence Jésus et il faut être unis ! ». Enfant du Brésil, elle a été biberonnée aux grandes tablées : « Là-bas, ça commence le 24 décembre à minuit ! » Elle se souvient de « sa grand-mère, Mathilde, la plus âgée, qui avait une place importante et recevait tout le monde chez elle ». Avec une trentaine de personnes à table en moyenne. Alexandra Da Luz poursuit cette tradition à Morlaix… Cette année encore, elle prévoit de « préparer le repas, cuisiner la dinde, le porcelet entier, le panétone avec des petits raisins, faire du rabanada [NDLR : une sorte de pain perdu avec du sucre et de la cannelle]… Ensuite, tous les plats seront mis sur des tables avec des belles décorations, avec « des étoiles filantes, des petits Jésus ». La messe de minuit, la Missa-do-galo » sera suivie sur « le téléphone » depuis le Brésil, au « téléphone avec sa maman ». Ce rendez-vous religieux est essentiel, car « là-bas, il fait chaud, on s’habille, on va à la messe et on fait la fête ». Tard, très tard… « Et le 25, on se repose… »
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