« Je ne pense pas avoir offensé qui que ce soit » : Hervé Renard revient sur l’épisode avec la Côte d’Ivoire

« Félicitations à eux ». Grand sourire, Hervé Renard n’a pas oublié d’adresser un message à la Côte d’Ivoire, vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations 2024. Il faut dire que le sélectionneur de l’équipe de France féminine n’a pas échappé aux questions à propos du récent épisode le concernant. Fin janvier, la Fédération ivoirienne le contactait en pleine CAN pour prendre en charge les Éléphants tout en conservant son poste en France. Une demande finalement refusée par la FFF pour faute d’accord financier.

Lui-même vainqueur de la CAN en 2015 avec la Côte d’Ivoire, Hervé Renard était à Lyon ce mercredi pour annoncer la liste de 24 joueuses convoquées pour le Final Four de la Ligue des nations féminine. Trois jours après le sacre des Ivoiriens, qu’il n’a pas vu en direct puisque étant présent dimanche soir au Groupama Stadium pour le choc de D1 OL-PSG (1-1), le cinquantenaire poursuit sur sa ligne : les deux postes n’étaient pas incompatibles.

Trois semaines après cet épisode avec la Côte d’Ivoire, pouvez-vous nous dire comment avez-vous vécu ce moment ?

HERVÉ RENARD. De façon sereine. J’ai été contacté. Il ne faut pas inverser les rôles. J’ai réfléchi. Je connais le continent africain par cœur. J’ai vécu une aventure exceptionnelle avec cette équipe de Côte d’Ivoire en 2015. Les défis font partie de ma carrière qu’on peut qualifier de chaotique, différente. Parfois, il faut accepter les différences, accepter d’être plus tolérant. J’accepte les commentaires et la façon de voir les choses. Mais je ne pense pas avoir offensé qui que ce soit. J’ai demandé à la Fédération ivoirienne de contacter mon président à la FFF. Ils ont discuté. Ma priorité était de continuer avec l’équipe de France féminine. Que ça plaise ou pas, je prendrais la même décision aujourd’hui. Des chefs d’entreprise sont aussi présidents de club. Le meilleur exemple est là (NDLR : Jean-Michel Aulas). C’est bizarre qu’on puisse se mettre des limites, des barrières. On peut débattre… Mais l’épisode est clos. L’objectif est clair aujourd’hui : la Ligue des nations féminine.

« Quand vous avez un souci avec votre femme à distance, vous devez vous asseoir et donner une explication concrète »

Avez-vous l’intention d’en parler avec vos joueuses, lundi, lors du rassemblement ?

C’est obligatoire. Quand vous êtes en déplacement et que vous avez un souci avec votre femme à distance, vous devez vous asseoir et faire le point, donner une explication concrète. C’est ce que je ferai avec elles.

Vous rappelez Delphine Cascarino, de retour après une grave blessure au genou. Les signes étaient-ils donc encourageants ?

Pour ceux qui ont vu les 25 dernières minutes du match OL PSG, il n’y a pas de discussion possible. Elle a fait la différence pour les Lyonnaises. En total accord avec le staff de l’OL, on ne grillera pas les étapes. Mais elle va nous apporter ce qu’elle sait faire.

Vous avez mis Selma Bacha dans la liste des défenseures alors qu’elle était au milieu les dernières fois. Est-ce volontaire ?

Si c’était que moi, je ne mettrais pas de postes mais une liste dans son intégralité. C’est pour remplir des cases, on va dire (sourire). Elle est capable de jouer à plusieurs postes. J’aime bien les joueuses polyvalentes, vous le savez.

La nouveauté est la présence de la jeune défenseure parisienne Thiniba Samoura, 20 ans. Pourquoi maintenant ?

Lors de ce match de haut niveau qu’était OL-PSG, elle a fait preuve de sérénité. Elle a une vitesse de course impressionnante, un sens de l’anticipation. Elle a fait beaucoup de progrès, sans trop de bruit, elle a gagné sa place au PSG. Ce n’est pas rien. Sa progression est constante. C’est une joueuse d’avenir très importante. Son plus gros point fort est sa qualité athlétique. Et dans les duels, elle est difficilement passable. Elle a toutes les qualités pour s’imposer en équipe de France.

Amandine Henry avait rejoint Lille lors de la pause du championnat américain pour jouer. Mais avec une suspension de trois matchs, on ne l’a plus vue depuis le 20 janvier. Est-ce problématique pour vous ?

J’aurais dû discuter avec la Commission de discipline (rires). C’est une boutade, je précise… On verra dans quel état athlétique elle sera. S’il y a du retard, on a de quoi pallier si besoin.

Comment pallier l’absence de Wendie Renard en défense, blessée à une hanche ?

On a de quoi répondre dans ce secteur de jeu avec les défenseures qu’on possède. Maëlle (Lakrar) a fait une brillante Coupe du monde avec un jeu de tête défensif parfait. Thiniba progresse. On a récupéré Griedge Mbock depuis quelques mois. Wendie va nous manquer. J’espère qu’elle sera là avec nous. On a besoin d’elle pour le soutien.

Que pensez-vous de l’équipe allemande, votre premier adversaire en demi-finale ?

C’est une énorme référence sur la scène internationale. Il faudra être un peu plus vigilant dans le marquage d’une certaine attaquante (NDLR : Alexandra Popp) très forte dans les airs (rires). Le rendez-vous est donné dans un stade magnifique pour obtenir un ticket pour une finale continentale. On peut vivre une très belle fête. J’espère que le stade sera le plus rempli possible. C’est un message : il y a encore des places donc prenez-les.

Vous êtes en fin de contrat après les Jeux olympiques. Est-ce définitif ou pensez-vous à discuter avec la FFF d’une possible prolongation ?

Pour l’instant, je suis en contrat jusqu’à la fin du mois d’août 2024. On m’a répété des choses qui ont été dites. Beaucoup de gens parlent à ma place… En six mois, je ne sais pas ce qu’il peut se passer. On verra bien.

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