Diplômé de l’Université Episcopale d’Haïti et détenteur d’un master à l’Université des Antilles (Guadeloupe), le chercheur haïtien Jean-Marry Exantus vient d’obtenir son doctorat grâce à sa thèse sur les oiseaux en milieux urbain et périurbain d’Haïti.
Le chercheur haïtien Jean-Marry Exantus vient d’obtenir son doctorat en écologie après avoir soutenu avec succès, le mercredi 25 octobre 2023, sa thèse “Contribution à l’étude de l’avifaune de la République d’Haïti en milieux urbain et naturel », à l’Université des Antilles, en Guadeloupe.
La thèse de Jean-Marry Exantus a été présentée devant un large public, tant en présentiel que via visioconférence. Pendant 45 minutes, l’expert a partagé les résultats de ses recherches, mettant en lumière l’avifaune haïtienne dans divers environnements, qu’ils soient urbains ou naturels.
Après avoir obtenu un diplôme d’ingénieur agronome à l’Université Episcopale d’Haïti, avec une spécialisation en ressources naturelles et environnement, Jean-Marry Exantus a rejoint le programme de formation de l’association Caribaea Initiative en 2016. Là, il a poursuivi ses études en obtenant un master à l’Université des Antilles, en Guadeloupe, où il a amorcé ses recherches sur la biodiversité aviaire autour de Port-au-Prince lors de son stage.
“A la base, j’ai une formation en agronomie. Mais vue que je suis citadin (originaire de Port-au-Prince), j’ai opté pour l’écologie, surtout en milieu urbain. Dès lors, le président de l’association Caribaea initiative, le professeur Frank Cézilly, a vu mes travaux, m’a contacté pour faire avancer l’étude sur la conservation biologique en Haïti. Je me suis donc inscrit à l’Université des Antilles pour un Master 2, puis une thèse”, a révélé Jean-Marry Exantus, cité dans Guadeloupe La 1ère.
“Pendant mes travaux, j’ai pu observer qu’il y a très peu d’études qui sont menées dans les milieux urbains, en Haïti. Dans un premier temps, j’ai décidé d’orienter mes travaux sur l’avifaune en ville et, vue l’importance également des zones naturelles, j’ai conduit une partie des travaux dans les aires protégées”, a-t-il poursuivi dans les colonnes du journal guadeloupéen.
Cette avancée académique de Jean-Marry Exantus témoigne de son engagement en faveur de la sauvegarde du patrimoine naturel en Haïti, l’étude et la conservation de la biodiversité dans le pays. Il insiste aussi sur e fait que les Haïtiens sont tout-à-fait capables de parvenir à des résultats probants dans ce domaine.
« Ce type de travail démontre clairement que nous, Haïtiens, avons des tâches que nous pouvons accomplir pour progresser. Pourquoi dis-je cela ? Le travail que j’accomplis met en lumière de nombreux projets qui devraient être réalisés en Haïti. Cependant, ces projets sont annulés en raison de l’insécurité dans le pays. La situation est difficile, mais en même temps, j’ai réussi à réaliser ce travail », a déclaré Jean Mary Exantus à notre rédaction.
Pour accomplir ses études doctorales et obtenir son diplôme, Jean-Marry Exantus a été financièrement soutenu par l’association Caribaea Initiative et la Fondation Konesans ak Libète (FOKAL).
Résumé de la thèse de Jean Mary Exantus
Haïti l’un des deux pays occupant l’île Hispaniola, possède une riche diversité aviaire, marquée par un taux relativement élevé d’endémisme. Toutefois, ce patrimoine naturel est fortement menacé par la dégradation de l’environnement, liée principalement à l’urbanisation et à la déforestation. Par ailleurs, il existe un déficit critique de données scientifiques sur l’avifaune haïtienne, et la quasi-totalité des rares études réalisées ont été conduites en milieu naturel.
La thèse de Jean-Marry Exantus apporte des données importantes sur l’avifaune en Haïti, via deux axes de recherche distincts. Le premier axe examine l’avifaune urbaine de Port-au-Prince, révélant des similitudes marquées entre les populations aviaires dans des environnements forestiers et agroforestiers. De plus, l’étude de deux sites protégés en milieux urbain et suburbain met en lumière des différences significatives dans la composition des assemblages, et souligne leur complémentarité. L’étude révèle également la présence, dans les sites urbains, de deux espèces endémiques d’Hispaniola classées comme vulnérables selon l’UICN : la Corneille d’Hispaniola (Corvus leucognaphalus) et l’Amazone d’Hispaniola (Amazona ventralis).
Le second axe de recherche se concentre sur l’étude de l’avifaune en milieu forestier naturel, dans une aire protégée. L’utilisation de différentes méthodes de suivi révèle la présence de nombreuses espèces endémiques, mais également une baisse de l’abondance relative d’espèces dépendantes de la forêt et insectivores au cours du temps. Une analyse approfondie de la population du Merle de la Selle (Turdus swalesi), un oiseau endémique et vulnérable, apporte des connaissances nouvelles sur l’espèce : régime alimentaire, dimorphisme sexuel, parasites, taux de survie…
Ces découvertes soulignent l’importance cruciale de la recherche en biologie de la conservation en Haïti pour la préservation de la biodiversité, et mettent en évidence la nécessité de ressources et de soutien accrus pour poursuivre ces efforts de recherche essentiels.
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