C’est une dénonciation émanant de la sœur de Jean (en conflit avec ce dernier) qui lance le dossier en décembre 2020. Toute la famille semble être au courant des viols imposés à la fille de Jean, entre 2012 et 2014. Auditionnée, cette dernière confie le calvaire vécu durant ces deux années. “Elle vivait sous la violence du paternel. Un soir, elle ne se sentait pas bien et le prévenu est venu se coucher auprès d’elle. Elle a cru que c’était pour la réconforter, mais il s’est montré entreprenant, avant de la violer malgré la douleur et les contestations. Elle rapporte également des fellations imposées”, narre le substitut Bury en reprenant l’audition de la victime. Lors d’un des viols, la jeune fille est tombée enceinte de son bourreau, avant de se rendre dans un planning familial.
16 ou 18 ans ?
La fille de Jean ajoute que son papa l’a menacé de la rapatrier au Cameroun “si elle ne se montrait pas soumise”. Interrogé par la suite, Jean confirme et parle lui d’une seule “relation sexuelle”, non sans oublier de préciser que la victime “s’est présentée nue à lui” alors qu’il rentrait du travail. Scène qui aurait eu lieu, toujours selon le paternel, en 2012, pendant les grandes vacances.
Pour le parquet, les nombreux viols durant deux ans ont bien eu lieu. Reste à déterminer l’âge exact de la victime. La défense jure que la victime était âgée de 18 ans, et pas de 16 ans éliminant du coup la circonstance aggravante que les agressions sexuelles ont eue lieu sur une mineure d’âge. Un acte de naissance reprenant une date de naissance en 1994 est fourni comme preuve. Pour le parquet, c’est bien celui renseignant une naissance en 1996 qui est le véritable. “C’est d’ailleurs celui-là qui fut utilisé dans le cadre de la procédure pour le regroupement familial”, insiste le substitut Bury.
“Je sais, c’est honteux”
Une peine de 5 ans de prison, sans s’opposer à un sursis probatoire, est requise par le parquet contre le père de famille qui ne présente aucune paraphilie, selon un rapport d’expertise. Me Bastianelli, à la défense, plaide l’acquittement pour la circonstance aggravante de minorité de la victime étant donné le doute planant sur la réelle date de naissance.
Ce dernier propose un sursis probatoire pour son client, rappelant que ce dernier a conscience de la gravité des faits. “Il l’a d’ailleurs dit : ‘je sais, c’est honteux’”. Jugement le 23 octobre.
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