Après 2024, 2030 ? Après 32 ans sans Jeux Olympiques sur son territoire, la France pourrait bien s’offrir un doublé été – hiver en l’espace de six ans. Pour 2024, l’affaire est emballée depuis déjà bien longtemps. Désormais, c’est 2030 que convoite le CNOSF autour de la candidature conjointe des deux régions Auvergne – Rhône-Alpes et Provence – Alpes – Côte d’Azur portée par leurs deux présidents Laurent Wauquiez et Renaud Muselier. « On possède une vraie chance. Le timing est bon et nos infrastructures ont de quoi séduire« , avait confié à l’AFP David Lappartient, le nouveau président du CNOSF, il y a plusieurs semaines.
Pourquoi si tôt ? Pourquoi si vite ? C’est le CIO lui-même qui aurait incité la France à présenter une candidature, selon Le Parisien. La France, qui présentera le sgrandes lignes de son projet ce mardi, a un mois pour convaincre l’instance internationale. Et tout pourrait s’accélérer : le pays hôte sera dévoilé en 2024 lors d’une cession du CIO voire même dès le 1er décembre prochain, date à laquelle seront annoncés le ou les pays qui entreront dans la phase dite de dialogue cible avec le CIO. Pour 2034, il n’y en aura ainsi qu’un seul : les Etats-Unis avec Salt Lake City.
Thomas Bach prend la parole lors de la session de la comission exécutive du CIO, le vendredi 13 octobre 2023 à Bombay (Inde)
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Forfaits en cascade
L’édition 2030 n’échappera pas à l’Europe. D’abord parce que Sapporo et Vancouver, deux des trois favoris initiaux, se sont retirés de l’affaire. Ensuite parce que Salt Lake City, l’autre élu potentiel qui visait la date, a préféré se concentrer sur 2034 pour ne pas enchaîner deux éditions aux Etats-Unis pour des raisons de droits marketing. Face à cette cascade de forfaits, 2030 s’est présenté comme une réelle opportunité pour ceux qui ne le convoitaient pas jusqu’ici. Désormais, ils sont trois à y croire dur comme fer : la France, donc, la Suisse et la Suède. « C’est clairement deux vrais gros adversaires. La Suède a échoué pour 2026, mais elle possède de vrais atouts, quant à la Suisse, c’est aussi un candidat très sérieux. Ca risque d’être serré« , estime une autre source proche des arcanes olympiques à l’AFP.
Stockholm fut d’abord seule en course sans réussir à convaincre totalement les membres du CIO. La Suisse et la France ont alors débarqué et, aujourd’hui, le trio présente sensiblement les mêmes arguments et chacune des candidatures s’appuie en très grande partie sur des infrastructures déjà existantes, selon une exigence désormais incontournable du CIO pour minimiser l’impact environnemental et maîtriser le budget.
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David Lappartient élu président du CNOSF
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La France compte exploiter tout son massif alpin et s’appuiera en grande partie sur des sites exploités pour les JO d’Albertville et sur des infrastructures déjà largement utilisées toute l’année sur le circuit international. Le ski alpin se déroulerait, ainsi, en Tarentaise, qui a organisé les championnats du monde l’hiver dernier à Courchevel et Méribel, et le biathlon au Grand Bornand, qui accueille chaque année une manche de Coupe du monde. La patinoire, prévue à Nice, serait le seul équipement à sortir de terre alors que le patinage de vitesse pourrait avoir lieu à l’étranger (Italie ou Pays-Bas). L’éclatement sites olympiques demeure une faiblesse de la candidature tricolore.
Elan de 2024 et souvenir de 2018
Le dossier français profitera, en revanche, de l’élan et de la dynamique nés des JO de Paris. Mais la Suisse n’a plus accueilli les JO d’hiver depuis 1948 (Saint-Moritz) alors que la Suède attend toujours sa première édition. Un argument de poids dans la manche des concurrents. Il faudra franchir un obstacle de choix pour les Helvètes, par ailleurs experts dans l’organisation de championnats du monde de sports blancs depuis plusieurs années désormais : le risque d’un processus de votation (référendum) contre. Alors que la candidature suédoise, battue par celle de Milan et Cortina pour 2026, semble aujourd’hui en retrait.
La France, qui n’y croyait pas il y a encore quelques mois, a donc une vraie carte à jouer même si le souvenir de la débâcle d’Annecy en 2018 (seulement 7 vois récoltées sur 95) incite à la prudence. Il faudra notamment convaincre le CIO que les deux régions alpines ne se tireront pas dans les pattes. L’enjeu est énorme : accueillir les quatrièmes JO d’hiver en France et les premiers depuis 32 ans.
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