Le CIO et les Jeux n’ont pas tous les pouvoirs. On le sait depuis longtemps. Il nous semblait cependant qu’ils avaient quelques devoirs. Ils l’ont visiblement oublié. Que Thomas Bach, qui s’est un temps rêvé prix Nobel de la paix et se prend pour un chef d’État, se couche devant Vladimir Poutine et autorise les athlètes russes à participer aux Jeux de Paris sous bannière neutre, à la condition de n’avoir pas soutenu la guerre et de n’avoir aucun lien avec l’armée, n’a rien d’étonnant.
Faire allégeance aux puissants est un aveu de faiblesse de plus dans l’histoire récente du CIO, déjà humilié en février 2022 quand la Russie, par ailleurs mise au ban pour dopage d’état, avait envahi l’Ukraine en pleine trêve olympique. Bach aime aujourd’hui trop le pouvoir pour s’abaisser à écouter le peuple des sportifs, oubliant ainsi d’où il vient, négligeant la récupération politique que ne manquera pas d’orchestrer Poutine avec « ses » Russes présents à Paris.
Mais que faut-il penser du silence qui a escorté la décision de l’ancien fleurettiste ? Alors que Zelensky fait le tour de ses alliés pour réclamer des armes et du soutien, Emmanuel Macron, Amélie Oudéa-Castéra ou Anne Hidalgo n’ont rien dit. Rien. C’est pourtant les Ukrainiens qu’on humilie et qu’on oublie en ouvrant aux Russes les portes des Jeux de Paris.
Le président, sa ministre des Sports et la maire de Paris auront beau jeu de répondre qu’ils n’ont pas le pouvoir de décider qui inviter, ce rôle revenant au CIO. Ils connaissent pourtant le poids des mots. Ils auraient pu s’ériger en défenseurs d’un peuple sportif agressé. Ils auraient peut-être même pu peser… Ils ont choisi la voie du silence.
En fait, une seule voix s’est fait entendre. Celle de Sebastian Coe, qui a répété qu’aucun athlète russe ne participerait aux Jeux de Paris. Il en a le pouvoir en tant que président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF). Il l’exerce. Avec courage.
En 2012, Coe était président du comité d’organisation des Jeux de Londres (Locog), et on parie qu’à l’époque, dans une situation semblable, il aurait pris la parole. On se souvient aussi que Tony Estanguet, patron de ceux de Paris, a parfois été présenté comme le Coe français. On a cherché, on n’a pas trouvé trace d’une réaction d’Estanguet à propos des Russes. Certains silences pèsent très lourd… N’est pas Coe qui veut.
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