JOP de Paris 2024 : inauguration de la tour de contrôle technologique

C’est un plateau de 610 mètres carrés situé dans un immeuble classique de la région parisienne. Derrière des cloisons vitrées, 104 ordinateurs, alignés sur 5 rangées de bureaux. Face à eux, des écrans géants tapissent le mur, donnant à l’ensemble des airs de poste de commandement spatial. C’est d’ici, dans ce centre des opérations technologiques (technology operations center, ou TOC), que sera pilotée toute l’informatique des Jeux olympiques (JO) de Paris 2024, du 26 juillet au 11 août, puis des Jeux paralympiques, programmés du 28 août au 8 septembre.

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Un peu plus de 300 personnes se relaieront sur place, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, pour prévenir et réparer le moindre bug qui pourrait gâcher les deux événements. En comptant les personnes détachées sur les 63 sites olympiques, dont 40 destinés aux épreuves, Paris 2024 mobilisera plus de 2 000 informaticiens. Au total, 10 000 ordinateurs et 200 applications serviront pour les deux olympiades.

« La technologie est au cœur de la réussite des Jeux », reconnaît Tony Estanguet, le président de Paris 2024, lors d’une visite du centre des opérations technologiques organisée le 3 octobre pour la presse. Pour ces olympiades, une enveloppe de 510 millions d’euros, sur un budget total de 4,4 milliards d’euros, a été réservée à la technologie. « Il y a trente ans, il s’agissait essentiellement de fournir des ordinateurs. Là, nous sommes dans la connectivité, la collecte et la gestion des données en temps réel », décrit Nourdine Bihmane, directeur général adjoint d’Atos. Présent sur les Jeux olympiques depuis ceux de Barcelone en 1992, le groupe est devenu le partenaire technologique du Comité international olympique (CIO) en 2002.

Préparation aux scénarios extrêmes

Sans technologie, pas de chronométrage et de résultats des épreuves en temps réel : l’informatique et les réseaux télécoms à très haut débit, gérés par Orange, enverront ces données officielles sur les écrans des commentateurs présents sur le site olympique en seulement 0,35 seconde. Pour les médias restés à distance, elles arriveront deux secondes plus tard. Au total, Omega, le chronométreur de Paris 2024, enverra plus de 2 millions de messages depuis les sites olympiques vers les serveurs d’Atos, données qu’il faudra ensuite traiter et réorienter.

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Le système informatique est également crucial pour la gestion de la billetterie (13,5 millions de billets seront émis) ou des accréditations des athlètes (10 500 pour les Jeux olympiques, 4 350 pour les paralympiques). Electroniques et sécurisées, ces accréditations ont valeur de visa officiel pour les athlètes étrangers. L’informatique, c’est aussi la cybersécurité, face à des menaces bien réelles, comme l’a rappelé, en juillet, Vincent Strubel, le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, désignée par la première ministre comme responsable de la cybersécurité des JOP. Sur ce plan, les organisateurs se veulent discrets quant aux moyens de défense utilisés. Des exercices simulant diverses attaques informatiques ont déjà été menés.

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