De nouvelles manifestations sont attendues après déjà deux jours de grèves, de blocages et de violences dans plusieurs villes du pays. Les rassemblements se poursuivent pour réclamer le départ d’Ariel Henry aujourd’hui, comme le Premier ministre l’avait prévu lui-même dans un accord politique jamais appliqué.
La tension monte dans les rues haïtiennes, en particulier à Port-au-Prince où les gangs font chaque jour de nouvelles victimes. Pour la première fois hier (6 février 2024), des agents de la BSAP ont défilé dans la capitale. Cette brigade de protection des forêts qui a grandi hors de tout contrôle gouvernemental est proche de l’ancien putschiste Guy Philippe, condamné pour blanchiment de l’argent de la drogue aux États-Unis, qui s’est offert un bain de foule à Pétion-Ville, serrant les mains des passants et affirmant « J’avais promis que je serai à Port-au-Prince avant le 7 février. Je n’ai jamais menti à mon peuple. » Le journal Le Nouvelliste résume dans son éditorial « le pays chemine sur une lame de rasoir. »
L’impasse politique perdure
Tout indique qu’Ariel Henry restera au pouvoir, malgré la contestation populaire et malgré les appels du groupe Montana, initié par la société civile. Depuis 2021, il n’y a pas eu d’élection, les gangs ont étendu leur emprise, la crise humanitaire et sociale s’est aggravée et la mission de sécurité kenyane tarde à venir… Une transition est-elle toujours possible ? Oui, répond l’ancienne fonctionnaire de l’ONU Monique Clesca, ajoutant que la solution doit venir des Haïtiens eux-mêmes sans attendre une décision du Kenya sur l’envoi de policiers en appui à la PNH. « On ne peut pas mettre la question de la transition et de la gouvernance d’Haïti entre les mains d’un juge au Kenya ! On peut demander de l’aide mais il faut que le gouvernement assume la responsabilité de la sécurité de ses citoyens. » Monique Clesca réclame le départ d’Ariel Henry et de son gouvernement, qu’elle qualifie d’incompétents. « Il faut des gens responsables, des Haïtiens et Haïtiennes ayant le pays comme boussole, qui ne sont pas là pour faire de l’argent ou pour avoir le pouvoir. Montana a mis en place des mécanismes largement partagés, nous avons fait des propositions qui tiennent la route. Nous appelons à un consensus d’autres forces progressistes pour sortir de ce bourbier. Et la population a le droit de faire savoir qu’elle ne veut plus de ce régime criminel. » Monique Clesca critique également « le double jeu des Américains, des Français ou des Canadiens » qui « nous disent qu’Ariel Henry est le seul légitime alors qu’il n’a aucune légitimité. Ce sont eux qui l’ont mis en place avec un tweet. Nous souhaitons qu’ils finissent par nous écouter. »
Un revers pour le président argentin
Le projet de loi « omnibus » de Javier Milei n’a pas obtenu suffisamment de soutiens hier (6 février 2024) au Parlement. Les députés, qui avaient pourtant approuvé la première partie du texte permettant au pouvoir exécutif de gouverner par décret pendant un an au nom de l’urgence économique, sont restés divisés hier sur la question des privatisations. Au point que le chef du groupe du parti présidentiel a demandé une levée de séance et renvoyé le texte en commission, ce qui bien souvent signifie l’enterrement de facto d’un projet de loi. Javier Milei a réagir sur X en dénonçant la « trahison d’une caste politique » qui se serait mise, selon lui, en travers de la volonté de changement du peuple. Il pourrait être tenté d’avoir recours à un plébiscite consultatif, déjà évoqué pendant sa campagne électorale.
Le journal de la 1ère
Les petits agriculteurs du nord de la Martinique menacent de se mettre en grève.
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