Julien Courbet, un style unique

Capital et Arnaques ! sur M6, Ça peut vous arriver simultanément et quotidiennement sur RTL et M6, un one-man-show qu’il continue de jouer à travers la France et de nouvelles idées plein la tête : Julien Courbet enchaîne les émissions et les projets avec décontraction et un humour bienveillant. Une marque de fabrique assumée.

Quand on regarde votre émission « Ça peut vous arriver », on est surpris par votre façon d’animer, proche du divertissement alors qu’il s’agit de régler des litiges pour des gens…

Ça fait partie du jeu, dédramatiser les situations et faire un divertissement utile. À cette heure-là (de 10 heures à midi sur M6, ndlr), on n’a pas envie de voir des choses trop lourdes. C’est une manière de s’amuser intelligemment et de décontracter les témoins présents sur le plateau.

Au point de faire votre show et de les faire rire !

Mais c’est typiquement ce que j’aime faire ! Quand on peut rendre service aux gens, donner des conseils et s’amuser en même temps, j’estime qu’on a rempli une bonne partie de son contrat. Je suis un animateur “d’infotainment” mais j’ai toujours été un peu plus près du divertissement que de l’information. Une de mes rares qualités c’est d’avoir de l’autodérision. C’est pour ça que ça se passe bien avec les gens, qui repartent contents.

Et vous ne vous énervez jamais ?

Si, si ça m’arrive de temps en temps ! (Rire.) Quand il y a beaucoup d’injustice, ça peut vraiment beaucoup m’énerver. Mais on ne recherche pas ça dans l’émission…

C’est compliqué de passer en même temps sur RTL et sur M6 ?

Oh que oui, c’est un exercice de style car les écrans pub ne sont pas les mêmes sur RTL et sur M6 ! Je dois donc arrêter ma phrase quand on me donne un top pour que la pub sur RTL soit lancée mais je dois continuer sur M6. C’est à la seconde près ! Quand je sors de ces trois heures, je suis lessivé.

Ce qui ne vous empêche pas d’enchaîner avec « Capital » et « Arnaques ! », dont vous êtes aussi le producteur. Quel est votre rôle en tant que tel ?

Je prépare les sujets avec les journalistes pour des enquêtes qui durent trois mois. Je suis très impliqué jusqu’à la diffusion. Le travail est le même que pour un Capital mais là je ne suis pas producteur.

D’ailleurs, produisez-vous toujours beaucoup d’émissions ?

Non beaucoup moins qu’avant. À une époque, nous étions une centaine d’employés. Je produisais Le Grand Frère, Tous ensemble, Les Sept Péchés capitaux… On a lancé la “script réalité” (des histoires vraies scénarisées, puis jouées par des acteurs, ndlr) avec Le Jour où tout a basculé* sur France 2.

Vous qui êtes au contact des Français via vos émissions, vous n’avez pas envie de lancer quelque chose autour du pouvoir d’achat, leur préoccupation actuelle ?

On a déjà commencé sur RTL où on a installé une nouvelle émission il y a deux mois à 9 heures, Le Quart d’heure pouvoir d’achat… On ne parle que de prix et de bonnes affaires. Une émission télé dans ce sens est évidemment dans les tuyaux. Il s’agirait d’expliquer comment faire des économies intelligemment. On y travaille pour la rentrée…

« Appels à témoins » s’est arrêté après trois numéros. Faute d’audiences ?

Non, ça n’a pas été un carton mais pas un bide non plus. On n’a pas réussi à trouver la bonne formule, c’est tout. La promesse était très forte : passer un appel à témoin pour aider à résoudre un crime, ce que nous avons fait parfois. Le problème c’est que la police et la gendarmerie ne souhaitaient pas, et c’est bien normal, que l’on révèle la teneur des appels. Ainsi, l’émission était déceptive pour les téléspectateurs car il n’y avait pas vraiment de suspense.

Alors que votre émission culte des années 90, « Sans aucun doute », fêtera ses 30 ans en 2024, quel regard portez-vous sur la télévision actuelle ?

J’ai connu la période dorée de la télévision avec des audiences de folie dont des prime times à plus de dix millions de téléspectateurs ! Aujourd’hui, il faut compter sur les réseaux sociaux et la concurrence est sauvage. Hormis les grands événements sportifs, la nouvelle génération ne regarde plus la télévision. Il va falloir les convaincre ! Il faut arriver à faire ce que les plateformes ne peuvent pas encore faire, c’est-à-dire du direct. En s’appuyant sur l’instantanéité, on peut encore les concurrencer. Mais pour combien de temps ?


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