(Agence Ecofin) – Le gouvernement camerounais est sur le point de reprendre le processus appliqué au domaine de la distribution de l’eau potable, confié à Camwater.
Au terme d’un appel d’offres restreint lancé il y a 2 mois par le ministère camerounais de l’Eau et de l’Energie, le cabinet d’audit KPMG France a été recruté pour accompagner le processus de renationalisation de la société de production et de distribution d’électricité Energy of Cameroon (ENEO). Le capital de cette dernière est actuellement contrôlé par le Fonds d’investissement britannique Actis, qui avait racheté en 2013 les parts de l’Américain AES dans AES Sonel.
KPMG France aidera le gouvernement camerounais à évaluer le coût actuel de l’action de ENEO, en vue, informe Investir au Cameroun, de signer un protocole d’accord transactionnel visant le rachat par l’État de 100% des actifs actuellement détenus par Actis dans le capital. S’il aboutit, le projet ramènera les volets production et commercialisation de l’électricité au Cameroun dans le giron de l’État (le transport ayant été repris par l’entreprise publique SONATREL créée en 2015), 22 ans après son désengagement de ces activités.
Cette ambition est clairement affichée dans une correspondance adressée au secrétaire général des services du Premier ministre, Séraphin Fouda, par le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh.
« J’ai l’honneur de vous faire connaître que les diligences se rapportant au processus de rachat par l’Etat des actions de Actis au sein de la société ENEO seront placées sous la conduite d’un comité interministériel présidé par le ministre des Finances, assisté par le ministre de l’Eau et de l’Energie et le ministre de l’Économie (…). Le chef de l’État prescrit au comité d’accorder une attention particulière au traitement de ce dossier… ».
Cette réorganisation survient après la révélation de tractations entre Actis et la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS). En effet, le fonds public de pension du Cameroun a été annoncé il y a quelques mois comme potentiel repreneur des actifs du fonds d’investissement britannique dans ENEO, en binôme avec la Société nationale des hydrocarbures (SNH), bras séculier de l’Etat camerounais dans l’exploration et l’exploitation pétrolière.
Dans la correspondance citée plus haut, le DG de la CNPS fait partie du comité interministériel en charge de conduire le processus de rachat des actifs d’Actis dans ENEO, ce qui tend à confirmer l’appétit de cette entreprise publique pour une prise de participations dans la compagnie d’électricité.
Visiblement, avec le concours cette fois-ci d’une société d’État aux performances financières solides, qui s’est lancée dans un processus de renforcement d’actifs au moyen de divers placements financiers, l’État entend dupliquer dans le secteur de l’électricité l’exemple de celui de l’eau potable. Pour rappel, depuis 2007, la distribution d’eau au Cameroun avait été concédée à la Camerounaise des eaux (CDE) créée en 2008, contrôlée par le consortium marocain conduit par l’Office national de l’eau potable (ONEP), et constitué des sociétés MedZ, Delta Holding et du cabinet de conseil en travaux publics Ingema.
Après ses 10 ans d’activités, le président Biya a instruit le gouvernement de ne pas renouveler ce contrat à échéance, et de prendre toutes les mesures nécessaires pour la reprise de l’activité par Camwater (Cameroon Water utilities) également créée en 2008, pour gérer les infrastructures dans le secteur de l’eau potable.
Cette prescription consacrait la fin de la privatisation et la renationalisation de cette activité jadis dévolue à la défunte Société nationale des eaux du Cameroun (SNEC). Il est à noter qu’aussi bien dans le secteur de l’électricité que de l’eau potable, la privatisation n’a pas particulièrement révolutionné la qualité des services.
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