la Cédéao a défini les contours d’une «éventuelle intervention militaire»

LE POINT SUR LA SITUATION – La junte militaire a de son côté annoncé qu’elle ripostera «immédiatement» en cas d’«agression ou tentative d’agression» contre le Niger par la Cédéao.

La situation politique au Niger continue de se dégrader après le coup d’État. Les putschistes ont dénoncé les accords militaires avec la France et ont limogé quatre ambassadeurs, dont celui de la France. Le Figaro fait le point sur la situation tendue au Niger.

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Les chefs d’état-major de la Cédéao ont défini les contours d’une «éventuelle intervention militaire»

Les contours d’une «éventuelle intervention militaire» de la Cédéao contre les putschistes au Niger ont été «définis», a annoncé vendredi l’un des responsables de la Cédéao, à l’issue de la réunion des chefs d’état-major du bloc ouest-africain à Abuja.

«Tous les éléments d’une éventuelle intervention ont été élaborés lors de cette réunion, y compris les ressources nécessaires, mais aussi la manière et le moment où nous allons déployer la force», a déclaré le commissaire chargé des Affaires politiques et de la Sécurité, Abdel-Fatau Musah.

Les putschistes riposteront à «toute agression» de la Cédéao

La tension est encore montée d’un cran entre les putschistes du Niger et la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). La junte militaire a annoncé qu’elle ripostera «immédiatement» en cas d’«agression ou tentative d’agression » contre le Niger par la Cédéao, trois jours avant la fin de l’ultimatum décrété par l’organisation pour un retour à l’ordre constitutionnel.

«La Cédéao étant impersonnelle, toute agression ou tentative d’agression contre l’État du Niger verra une riposte immédiate et sans préavis des Forces de défense et de sécurité nigériennes sur un de ses membres, à l’exception des pays amis suspendus», a déclaré un des putschistes, faisant allusion au Burkina Faso et au Mali.

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Départ de la délégation ouest-africaine sans avoir rencontré le chef de la junte

La délégation de la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest (Cédéao) arrivée jeudi soir à Niamey pour trouver une sortie de crise au Niger, est repartie quelques heures plus tard, sans avoir rencontré le chef de la junte, a indiqué un de ses membres.

«Les envoyés de la Cédéao sont repartis» dans la nuit de jeudi à vendredi et n’ont vu ni le chef des militaires qui ont pris le pouvoir la semaine dernière, le général Abdourahamane Tiani, ni le président renversé Mohamed Bazoum, a expliqué vendredi 4 août un des membres de la délégation.

Les putschistes rompent la coopération militaire avec Paris, qui leur répond

Les putschistes au Niger ont déclaré jeudi soir dénoncer plusieurs accords militaires conclus avec la France, qui concernent notamment le «stationnement» du détachement français et le «statut» des militaires présents dans le cadre de la lutte antidjihadiste, dans un communiqué lu à la télévision nationale. «Face à l’attitude désinvolte et la réaction de la France relativement à la situation» du Niger, «le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP, militaires au pouvoir), décide de dénoncer les accords de coopération dans le domaine de la sécurité et de la défense avec cet État», a déclaré un des putschistes.

La France a réagi vendredi en soulignant que «seules les autorités nigériennes légitimes» étaient en mesure de rompre ces accords. Ces autorités «sont les seules que la France, comme l’ensemble de la communauté internationale, reconnaît», a-t-elle ajouté, tout en «prenant note» du communiqué de la junte.

L’UE condamne «fermement» la suspension de France 24 et RFI

L’Union européenne a jugé vendredi «inacceptable» la suspension de la diffusion des médias France 24 et RFI au Niger, et condamné «fermement» ces «violations aux libertés fondamentales».

Radio France internationale (RFI) et la chaîne France 24 sont inaccessibles depuis jeudi au Niger, où un coup d’État militaire a renversé le président élu Mohamed Bazoum. «Cette mesure est une atteinte grave au droit à l’information et à la liberté d’expression», a indiqué une porte-parole de la Commission sur Twitter, rebaptisé X.

Conséquences «dévastatrices» de l’influence russe

Le président Mohamed Bazoum a prédit des conséquences «dévastatrices» pour le monde si l’ensemble de la région du Sahel passe sous «influence» de la Russie, via les mercenaires du groupe Wagner, dans une tribune parue jeudi soir dans le Washington Post . «Avec le feu vert des instigateurs du putsch et de leurs alliés régionaux, l’ensemble de la région centrale du Sahel pourrait passer sous influence russe via le groupe Wagner, dont le terrorisme brutal a été clairement exposé en Ukraine», a-t-il ajouté.

Par conséquent, «j’appelle le gouvernement américain et l’ensemble de la communauté internationale à aider à restaurer l’ordre constitutionnel», a annoncé le président. «J’écris ceci à titre d’otage», a-t-il lancé, séquestré depuis que son gouvernement a été renversé le 26 juillet dernier par des militaires putschistes. «Ce coup (…) n’a aucune justification et s’il réussit cela aura des conséquences dévastatrices pour notre pays, notre région et le monde entier», a souligné le président. «Dans la région trouble du Sahel, au milieu de mouvements autoritaires qui se sont imposés chez certains de nos voisins, le Niger est le dernier bastion pour le respect des droits», a-t-il poursuivi.

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