La Cédéao maintient ses sanctions envers le Mali, et adresse un ultimatum à la Guinée et au Burkina Faso

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) garde le cap. Réunie vendredi 25 mars à Accra au Ghana, elle a annoncé le maintien des sanctions à l’encontre du Mali en raison du retard pris dans un retour des civils au pouvoir.

L’organisation ouest-africaine a également décidé de sanctionner les membres du gouvernement et du Conseil national de transition (CNT) de Guinée – le colonel Mamady Doumbouya y est au pouvoir depuis un coup d’Etat qui a renversé le président Alpha Condé en septembre – si un « calendrier acceptable pour la transition » n’était pas présenté avant le 25 avril 2022. La Cédéao a fait part de ses « graves inquiétudes » au sujet de la durée de la transition, notant que « le calendrier de six mois pour la tenue d’élections n’a pas été respecté ». En septembre, elle avait déjà décidé le gel des avoirs financiers des membres de la junte et de leurs familles.

La Cédéao prendra également des « sanctions individuelles » contre les autorités de transition du Burkina Faso si elles ne libéraient pas l’ancien président Roch Marc Christian Kaboré d’ici au 31 mars 2022. L’organisation a également demandé un délai « plus acceptable » que les 36 mois jusqu’ici annoncés pour établir un calendrier de transition démocratique.

« Nos valeurs démocratiques doivent être préservées », a souligné Jean-Claude Kassi Brou, président de la commission de la Cédéao.

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Sévères mesures de rétorsion économiques au Mali

Le Mali, le Burkina Faso et la Guinée, pays en proie à des crises politiques mais aussi sécuritaires pour les deux premiers, ont tous trois été le théâtre de coups d’Etat militaires depuis août 2020. Le Mali a même vécu deux putschs, en août 2020 et mai 2021.

La Cédéao, qui a suspendu les trois pays de ces instances, fait pression sur les juntes désormais au pouvoir pour qu’elles rendent rapidement le pouvoir aux civils.

Elle a infligé le 9 janvier de sévères mesures de rétorsion économiques au Mali, sanctionnant le projet affiché des militaires de se maintenir encore plusieurs années à la tête du pays, alors qu’ils s’étaient initialement engagés à organiser des élections en février 2022.

Les sanctions au Mali ont été maintenues malgré une ordonnance rendue jeudi par la Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uméoa), exigeant leur suspension. Elles restent en cours également malgré l’approche du ramadan et l’espoir d’un geste d’apaisement qui aurait joué sur les échanges et les prix à la veille d’une période de consommation accrue. La décision de l’Uémoa représentait un rare succès de la junte.

L’impact potentiel de ces sanctions sur un pays pauvre et enclavé a suscité une vive inquiétude, mais aussi un large ressentiment, au-delà du Mali, contre les organisations régionales.

Jean-Claude Kassi Brou a déclaré vendredi que ces sanctions seraient progressivement levées au Mali si les dirigeants respectent la période de 12 à 16 mois.

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Le Monde avec AFP et Reuters

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