« Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers. » L’Évangile de saint Matthieu s’appliquerait-il à… l’Union européenne (UE) ? La Commission et ses gardiens du dogme austéritaire viennent d’adresser une petite remontrance à quatre pays : la France – comme d’habitude ? – mais aussi la Belgique, la Croatie et la Finlande, fourmi scandinave pourtant réputée pour sa gestion au cordeau. En cause : leur budget respectif pour 2024 laisse apparaître trop de dépenses publiques et risque « de ne pas être en ligne avec les recommandations » de Bruxelles.
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La Commission fait des gros yeux pour signifier une fois de plus à ces États dépensiers la fin de la récréation budgétaire. Bon, rien de nouveau sous le soleil européen. En fait, si. Les quatre « mauvais élèves » pointés du doigt alignent un taux de croissance de leur économie supérieur aux autres, les biens notés par les sbires d’Ursula von der Leyen, les bien vus par ceux de Christine Lagarde, à la tête de la BCE, la Banque centrale européenne. Selon les prévisions du FMI, le Fonds monétaire international, la richesse produite entre 2002 et 2024 – donc sur deux ans – par la France, la Croatie, la Belgique et la Finlande devrait croître de 2,2 %, contre 1,8 % pour les autres.
Et Macron, l’offensé ?
Toujours sur la foi du FMI, pas vraiment réputé pour ses tendances au laxisme financier, la France verrait son PIB augmenter au rythme annuel de 1,2 % : pas folichon. Mais l’Allemagne ferait du surplace ou presque (+0,18 %). Même tendance sur le front des emplois : de 2002 à 2024, les prévisions donnent un taux de chômage en hausse de l’autre côté du Rhin, en légère baisse dans l’Hexagone. Devant un tel paradoxe, Bruxelles, Berlin et Francfort devraient en rabattre, revoir leur méthode, se confondre en excuses, voire accorder pour réparer l’affront un droit à faire des déficits.
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Et Macron, l’offensé ? « Que voulez-vous qu’il fît contre trois ? » comme demandait Julie au vieil Horace de Corneille. Qu’il réponde vertement. Et bien, non, rien. Au contraire. Par la voix du ministre des Finances Bruno Le Maire, l’exécutif fait valoir, pour sa défense, l’ampleur de son « ajustement structurel » selon les termes délicats des Échos (comprendre « de sa mise régime sec »). On pouvait attendre une réaction à la Corneille dans le droit fil de la geste macronienne : « Qu’un beau désespoir alors le secourût. N’eût-il que d’un moment reculé sa défaite. »
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