La deep tech repousse les frontières technologiques

La deep tech, ça désigne tous ces projets portés par des entreprises ou des laboratoires de recherche qui innovent en repoussant les frontières technologiques, en nous proposant ce qu’on appelle des innovations de rupture, c’est-à-dire de nature à révolutionner nos habitudes, à changer nos vies. Du réchauffement climatique à la lutte contre le cancer en passant par la réinvention de l’industrie.

Alors que recouvre exactement ce terme de deep tech ? Quelles sont ces technologies de rupture qui vont nous simplifier la vie ? Qui fait de la deep tech ? D’où viennent les investissements ? Quelles sont les technologies qui vont permettre de sauver le monde et combien de temps ça prend de créer des outils révolutionnaires ?

L’invité est Arnaud de La Tour, président de Hello Tomorrow, accélérateur de start-up et société de conseil en deep tech.

Qu’est-ce que la deep tech ?

C’est à une femme entrepreneuse qu’on doit ce terme de deep tech, Swati Chaturvedi, une Américaine férue de nouvelles technologies aujourd’hui à la tête d’un fonds d’investissement, qui soutient justement des start-up qui se lancent dans la deep tech. Elle invente ce terme en 2014 et cela permet de définir une nouvelle catégorie d’entreprises, celles qui s’appuient sur des découvertes scientifiques tangibles, des découvertes dont on imagine qu’elles seront capables un jour de bouleverser le marché.

Cyril Lacarrière, rédacteur en chef de l’émission, explique qu’il ne faut pas confondre la deep tech et la shallow tech. D’un côté, la technologie profonde et de l’autre ce qu’on pourrait appeler la technologie superficielle. Qu’est-ce que cette technologie superficielle ? En fait, c’est ce qui permet de transformer le modèle d’une entreprise. Le meilleur exemple est Uber, qui a révolutionné le marché, mais sans que ça s’appuie sur des technologies nouvelles ou très avancées. En fait, ces technologies existaient déjà, et même le concept existait déjà puisqu’il s’agissait des taxis. L’idée de la deep tech, selon ce qu’en dit Swati Chaturvedi, c’est justement de différencier ces entreprises de la masse des autres entreprises de start-up technologiques.

L’invité précise : « Après deux décennies de transformation digitale, le terme de ‘tech’ est devenu synonyme finalement d’ubérisation, de transformation digitale. Et donc ce qui, peut-être, était il y a 20 ou 30 de la technologie, un sujet où il y avait de la R & D – recherche et développement -, où il y avait des enjeux technologiques, est devenu un terme qui avait un peu perdu de ce sens-là. Et finalement, avec le terme de deep tech, c’est comme si on réinventait le terme de tech il y a 20 ou 30 ans pour désigner ces start-up qui ont un enjeu de R & D pour arriver sur le marché.« 

Là où Arnaud de La Tour voit le plus d’innovations dans le domaine de la deep tech, c’est dans la santé. Il évoque Moderna qui a fait le vaccin ARN Messager en un an au lieu de dix ans auparavant. Dans un autre domaine, l’essence synthétique aussi a été créée grâce à la deep tech.

Quelles sont les ambitions de la deep tech ?

Arnaud de La Tour explique que dans la tech (superficielle), il y avait pas mal de gens qui étaient là pour rechercher assez rapidement des gains d’enrichissement. C’était le côté assez facile, « on va mettre une solution sur le marché, et on va essayer de devenir très riche ». Ça, ce sont des choses qui ne sont pas possibles dans la deep tech parce qu’il y a des années de labeur avant d’arriver sur le marché. Donc, pour lui, ça fait un filtre à l’entrée et il n’y a pas du tout ce genre de personnes qui sont là plus pour la fame ou pour l’argent, selon lui. Même s’il y aussi de l’argent dans la deep tech. L’invité ajoute qu’il y a beaucoup de talents aujourd’hui qui vont vers des sujets de santé et surtout environnementaux.

Selon l’invité : « Idéalement, la deep tech, ce que ça pourrait permettre de faire, c’est de continuer à vivre dans le monde dans lequel on vit, mais sans pourrir la planète, sans exploiter toutes les ressources, mais plutôt en produisant différemment. Et c’est sûr que ce qui nous intéresse, ce n’est pas d’avoir un frigo connecté qui va venir tout seul nous apporter notre Coca-Cola bien frais. Ça va plutôt être justement les solutions dont on parlait, de faire de l’essence qui ne vienne pas du pétrole, des choses comme ça. »

Arnaud de La Tour prend aussi l’exemple des panneaux solaires, même si ça fait 40-50 ans, le fait qu’on puisse faire artificiellement ce que les plantes font depuis des millions d’années, transformer la lumière en électricité, en énergie. « Il y a beaucoup de start-up aussi qui cherchent à créer des matériaux de construction, du ciment, du verre, de l’acier, en émettant beaucoup moins de CO2 ou de gaz à effet de serre.« 

-> Pour en savoir plus, écoutez l’émission…

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