« La France a toujours été une terre d’accueil »: cette association toulonnaise héberge les mineurs non accompagnés

« Parce que chaque vie compte et que nous sommes tous humains ». Pour la journée mondiale des migrants, célébrée en ce 18 décembre, l’association L’autre, c’est nous profite de l’occasion pour rappeler sa devise.

Lancée en 2017, la structure, vise à accueillir les « populations en situation de migrations ». Si initialement, elle accompagnait les migrants et demandeurs d’asile, aujourd’hui, l’association a recentré ses actions sur les mineurs non accompagnés (MNA) refusés par l’ASE (Aide sociale à l’enfance).

Mireille et Isabelle, deux membres fondatrices nous détaillent leurs actions.

Comment l’association repère-t-elle ces jeunes migrants et comment les accompagne-t-elle?

Nous faisons partie du collectif Migrants 83, qui regroupe un large réseau d’associations qui généralement nous signalent lorsque des jeunes sont à la rue. Le secours catholique, qui reçoit beaucoup de mineurs non accompagnés nous contacte régulièrement aussi. La plupart du temps, il s’agit de MNA non pris en charge par l’ASE ou en attente de réponse. Notre devoir, c’est de ne pas les laisser livrés à eux-mêmes dans un pays dont ils ne connaissent rien. Il faut rappeler qu’ils ont tous vécu des épreuves atroces à leur jeune âge. Ce qu’on souhaite, c’est leur tendre la main.

Par quel moyen?

En leur offrant un toit. À ce jour, nous avons signé, avec une famille solidaire, une convention d’occupation temporaire d’une maison dans les environs de Toulon permettant l’accueil 24 heures/24 de douze jeunes migrants. Âgés de 15 à 18 ans, ils viennent d’Afghanistan, du Maghreb, de Côte d’Ivoire ou encore du Sénégal. Tous sont encadrés par deux migrants majeurs, et l’objectif est de leur fournir les premières nécessités. Dès leur arrivée, le président de L’autre, c’est nous, Guy-Ange G’badji, les accueille et explique les règles et fonctionnement de cette maison d’hébergement. Les membres de l’association leur rendent visite régulièrement, et à ce jour, nous n’avons constaté aucun débordement et tout se passe pour le mieux.

Quel est l’avantage de ces lieux d’accueil?

Outre le fait d’offrir des conditions d’hébergement décentes, nous voulons faciliter l’intégration de ces jeunes. Pour ceux maîtrisant déjà notre langue, nous les scolarisons dans des lycées professionnels la plupart du temps. Pour les autres, nous les inscrivons à des cours de français dispensés par le Secours catholique. Concernant les courses, nous avons la chance d’avoir des denrées fournies par les Restos du cœur, la Coop sur mer et la Boulangerie de la rade. L’association prend en charge les dépenses financières de la maison [les charges s’élèvent à 200 euros, NDLR] et les imprévus. Nous vivons principalement de dons et nous en avons besoin en permanence. Une campagne de financement a été lancée en ligne afin de récolter des fonds [ou contacter l’association au 06.81.50.58.81 ou au 06.79.97.66.42.].

Quel regard portez-vous sur le traitement des migrants aujourd’hui en France?

Quand on analyse la situation, on se rend compte que la peur de l’autre persiste. Les migrants sont dépeints comme des délinquants sauvages. Ce n’est pas le cas. Les débats publics dans les médias ou au sein du gouvernement y participent et c’est bien dommage. Mais chacun d’entre nous doit bien se souvenir que les migrants sont des êtres humains et beaucoup d’habitants de l’aire toulonnaise doivent se pencher sur leur histoire personnelle afin de faire preuve de tolérance. La migration sur notre territoire a toujours existé, bon nombre d’entre nous ont des racines venues d’ailleurs. Et surtout la France a toujours été le pays des droits de l’homme et une terre d’accueil. Nous ne voulons pas qu’elle perde ces belles valeurs. Pourtant, c’est bien le cas…

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