« La France devra sous peu enlever ses drapeaux » : des souverainistes déclarent l’indépendance de la Savoie !
C’est un évènement historique qui est pourtant passé inaperçu dans les rues de Chambéry : le 27 octobre dernier, l’autoproclamé « gouvernement de l’État de Savoie » a unilatéralement signé la déclaration d’indépendance de la Savoie (comprenant la Savoie, la Haute-Savoie et Nice). « Zut, je n’ai pas mon passeport sur moi », ironise Gisèle, une Parisienne de passage. Pour Théo, étudiant qui est né et a grandi à Chambéry, cette indépendance ne saute pas encore aux yeux dans la capitale du nouvel État : « Il y a toujours les drapeaux bleu, blanc, rouge… et l’amende de stationnement que je dois aux finances françaises n’a pas été annulée ! », rigole-t-il en longeant le château des Ducs de Savoie, actuel siège de la préfecture.
« La France devra sous peu enlever ses drapeaux et quitter les lieux. Ce château va bientôt revenir à l’État de Savoie », assure pourtant très sérieusement Thierry Bécourt, président du « Conseil gouvernemental de la Savoie » comptant déjà des ministres de l’Intérieur, de l’Instruction, du Tourisme… Sous les murs du château millénaire, il brandit la déclaration d’indépendance accompagnée d’un avis à la population encourageant la « désobéissance générale » et la « résistance à l’oppression française ». D’après Thierry Bécourt, « le traité d’annexion de 1860 a fait de la Savoie une colonie. En 1947, la France aurait dû reconnaître ce statut auprès de l’ONU, ce qu’elle n’a pas fait. Le droit international est donc très clair : la France occupe depuis la Savoie illégalement ».
« C’est uniquement par folklore et fierté régionale »
Ce retraité de l’Éducation nationale y croit dur comme fer, déclare aller aux bureaux de l’ONU à Genève pour plaider la cause de la Savoie auprès de la communauté internationale : « On est en contact avec des pays africains et même la Russie et les États-Unis pour la reconnaissance de l’État de Savoie ! Si la France refuse de partir, on pourrait théoriquement solliciter l’aide militaire d’autres pays selon l’article 51 de la charte des Nations Unies. Mais ça n’arrivera pas, car la France acceptera. Le processus est lancé, sinon elle m’aurait déjà mis en prison pour sédition ». Contactée, la préfecture de Savoie n’a pas souhaité faire de commentaires, pas plus qu’Emmanuel Macron qui n’a toujours pas réagi à la perte d’une partie du territoire national.
« La Savoie a été rattachée à la France en 1860 suite à un vote qui avait – pour l’époque bien sûr – un haut standard démocratique, et depuis il n’y a pas eu de contestations comme ce fut le cas en Alsace une décennie plus tard, tempère Sébastien Gosselin, directeur adjoint du Musée Savoisien de Chambéry. Les mouvements autonomistes savoyards n’arrivent que dans les années 1980 avec les lois de décentralisation. Ils voulaient d’abord une région réunissant les deux Savoie. Certains ont ensuite durci leurs revendications jusqu’à vouloir se détacher de la France. »
Ces partisans d’une Savoie libre demeurent très marginaux. Leur représentation aux élections locales est nulle. Il n’est en revanche pas rare de voir le drapeau à croix blanche sur fond rouge flotter sur certains chalets des montagnes environnantes, comme chez Alain, en périphérie de Chambéry : « C’est uniquement par folklore et fierté régionale », sourit-il.
D’autres sont plus revendicatifs, jusqu’à défier la loi. Fabien Dugerdil, un Haut-Savoyard, a ainsi purgé une peine de 3 mois de prison ferme pour avoir circulé en 2014 avec une plaque d’immatriculation de l’État de Savoie, pays qu’il avait lui-même créé. S’il ne se rallie pas à Thierry Bécourt, la récente déclaration d’indépendance de ce dernier a réveillé quelques souverainistes. « On est débordé de coups de fil de Savoisiens qui ne voudraient plus payer leurs impôts à la France ».
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