Alors que des Indiens sont confinés depuis jeudi dans la Marne, un collectif d’associations a fustigé la France quant au repérage et à l’accompagnement des possibles victimes de traite d’êtres humains. Le pays « doit passer à la vitesse supérieure », a-t-il estimé, dimanche 24 décembre.
« On a essayé de mettre de grands moyens, mais ils n’étaient peut-être pas adaptés, avec ce tribunal dans l’aéroport. On peut se poser la question : est-ce qu’on est prêt » pour ce type d’affaires ?, a déclaré Geneviève Colas, coordinatrice pour le Secours catholique-Caritas du Collectif contre la traite des êtres humains. « On ne sait pas si c’est de la traite d’êtres humains, du trafic de migrants ou ni l’un, ni l’autre… Mais on a quand même gardé dans un aéroport, pendant trois nuits et trois jours, 303 personnes qui étaient en escale, des hommes, des femmes et des enfants. C’est surprenant », a-t-elle observé.
Un possible réacheminement à partir de lundi
Un Airbus A340, avec 303 Indiens à bord, a été immobilisé jeudi soir sur l’aéroport de Vatry, à 150 km de Paris, alors qu’il faisait escale entre Dubaï et le Nicaragua. Le parquet de Paris a indiqué avoir agi après un « signalement anonyme » selon lequel des passagers étaient « susceptibles d’être victimes de traite des êtres humains » en bande organisée. Une enquête a ensuite été ouverte.
À LIRE AUSSIAvion immobilisé dans la Marne : la justice autorise l’appareil à repartirAlors que le flou demeure sur la réalité de ces soupçons, les autorités françaises espèrent obtenir, lundi, les autorisations pour les réacheminer en avion, probablement vers l’Inde.
La France a longtemps pensé « qu’elle n’était pas concernée »
La France, qui vient de publier un nouveau plan national de lutte contre la traite des êtres humains (prostitution, travail ou mendicité forcés…), « n’a pas de mécanisme national pour l’identification et l’accompagnement des victimes », regrette Geneviève Colas. « Ce mécanisme permettrait que la police, la justice, les travailleurs sociaux, les associations, le personnel de santé ou d’éducation aient les mêmes critères pour pouvoir repérer une victime, l’identifier formellement puis [permettre] qu’elle puisse être prise en charge », estime-t-elle.
« La France a trop longtemps pensé que la traite des êtres humains ne se passait que chez les autres, qu’elle n’était pas concernée. Il faut vraiment passer à la vitesse supérieure », juge-t-elle.
Dans le cas des Indiens, « on ne connaît pas la réalité, mais ce n’est pas ainsi qu’on va la connaître » : « Être enfermés dans un aéroport, sans savoir ce qui va se passer, ça doit être très éprouvant. Si ce sont des personnes déjà vulnérables, cela ne peut pas améliorer leur situation », poursuit la coordinatrice. « Ma crainte, c’est qu’on les remette dans l’avion, et après ? S’ils sont vraiment victimes de traite, ce n’est pas normal de simplement les faire repartir vers un autre pays », conclu-t-elle.
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