Intense, étouffant, suffocant… La France reste écrasée lundi sous un soleil de plomb et la vigilance rouge canicule va être activée dans quatre départements, signe d’un épisode caniculaire « durable » qui touche également 49 départements d’une large moitié Sud, toujours en vigilance orange.
Aux abords de la vallée du Rhône, la Drôme, l’Ardèche, le Rhône et la Haute-Loire doivent basculer mardi à la mi-journée dans le rouge « compte tenu de la persistance de la vague de chaleur et des températures », a expliqué le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu, en visite à Lyon.
Cet ultime seuil, activé pour la première fois cette année après l’avoir été lors de deux épisodes caniculaires successifs en 2022, correspond à la fois à un événement météorologique exceptionnel et à une alerte sanitaire justifiant une mobilisation maximale, avec des risques de surmortalité.
« Quand on arrive au niveau rouge, c’est toute la population qui doit effectivement faire attention », a précisé M. Béchu évoquant des conséquences « sur toutes les activités de plein air ».
La configuration météorologique actuelle crée depuis jeudi un « dôme de chaleur » sur une grosse moitié Sud du pays, « avec les hautes pressions qui bloquent la chaleur », a expliqué à l’AFP Météo-France, ajoutant: « Le deuxième ingrédient, c’est le réchauffement climatique qui vient augmenter la probabilité d’avoir des températures élevées aussi tardivement. »
Dès l’aube, le thermomètre affichait déjà 30 degrés à Perpignan.
« C’est étouffant, on a chaud et on transpire rapidement », constate Jocelyn Gilard, 20 ans, Toulousain en recherche d’emploi. « L’après-midi, les gens restent chez eux plutôt que de traîner en ville. Là, je suis sorti pour aller donner des CV mais si c’est juste pour me balader, j’évite. »
D’autres ont rejoint le littoral pour bénéficier de températures plus clémentes, comme Jean-Michel Rémy, enseignant venu se rafraîchir sur la plage de Carcans en Gironde.
« À Angoulême, c’était vraiment infernal, il n’y a pas d’air qui circule. Ici, avec l’air de la mer, c’est beaucoup plus agréable », observe-t-il.
– Possibles records –
Selon Météo-France, des records locaux risquent d’être battus mardi notamment dans la vallée du Rhône, avec 40 à 42 degrés prévus.
Le « dôme de chaleur » / AFP
La température la plus élevée jamais relevée en France est de 46 degrés à Vérargues, dans l’Hérault, le 28 juin 2019.
« A l’échelle nationale, on rentre dans les critères de la vague de chaleur au sens climatologique du terme. Elle a commencé le 17 août, donc déjà quatre jours », a précisé lundi à l’AFP Météo-France, qui ne prévoit une baisse des températures que pour jeudi ou vendredi après un pic mercredi.
Plusieurs forêts ou massifs montagneux ont été interdits d’accès au public dans le Sud-Est à cause du risque d’incendie, et quatre préfectures de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ont aussi déclenché la procédure d’alerte niveau 1 relative à un épisode de pollution de l’air à l’ozone.
Elle entraîne notamment un « abaissement de 20 km/h des vitesses maximales autorisées » sur la route.
A Gap (Hautes-Alpes), l' »Alp’Arena », stade de glace, est ouvert gratuitement lundi pour permettre « de profiter d’un moment de fraîcheur », a indiqué la mairie, qui a réactivé un dispositif déjà en vigueur l’été dernier et une dizaine de jours en juillet.
– « Dôme de chaleur » –
Alerte canicule sur un panneau d’information, le 18 août 2023 à Lyon / AFP
Dans les Alpes suisses, un record a été battu dans la nuit de dimanche à lundi: il a fallu grimper à 5.298 mètres pour mesurer la limite du zéro degré (ou isotherme), a indiqué MétéoSuisse, alors qu’une bonne partie du pays est aussi en alerte canicule.
Deux autres pays voisins, l’Italie et l’Espagne, suffoquent sous la chaleur: on enregistre 38 degrés à Rome et 37 degrés à Madrid ce lundi.
En France la canicule a contribué à retarder le redémarrage du réacteur 2 de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne), a indiqué EDF. Les fortes chaleurs pourraient aussi entraîner des restrictions de production pour celle de Bugey (Ain).
L’activité des centrales, qui utilisent l’eau des rivières (ou de mer, le cas échéant) pour leur refroidissement avant de la rejeter plus chaude dans le milieu, est en effet encadrée par des seuils d’échauffement et de débit de ces cours d’eau à ne pas dépasser.
Dans ce contexte caniculaire, le gouvernement a dévoilé lundi une liste de 12 sites industriels qui seront accompagnés par l’Etat pour réduire significativement la quantité d’eau prélevée pour leur fonctionnement, dans le cadre du plan eau dévoilé en mars.
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