Gérald Darmanin annonce dans une lettre envoyée aux pays concernés par le sujet que Paris n’acceptera plus de nouveaux imams « détachés », à partir du 1er janvier 2024.
Après le 1er avril 2024, les imams « détachés » encore présents sur le territoire ne pourront s’y maintenir « sous ce statut ».
Parallèlement, l’accent est mis sur la nécessité qu’une « part croissante » des imams officiant sur le territoire soient, « au moins partiellement, formés en France ».
C’était une promesse d’Emmanuel Macron. Le 18 février 2020, le président de la République, décidé à lutter contre le « séparatisme islamiste », avait annoncé une série de mesures contre les « influences étrangères » sur l’islam en France. Il avait évoqué sa volonté de mettre fin à l’accueil des quelque 300 imams envoyés par divers pays (Algérie, Turquie, Maroc…) et d’augmenter en parallèle le nombre d’imams formés en France.
Moins de quatre ans plus tard, Gérald Darmanin annonce que la France n’acceptera plus de nouveaux imams « détachés », à partir du 1er janvier 2024, comme l’affirme ce vendredi le ministre de l’Intérieur dans une lettre aux pays concernés par le sujet. Le gouvernement avait laissé un « préavis de trois ans » aux mosquées et États d’origine de ces imams afin de s’organiser, comme le rappelle Gérald Darmanin, se disant « conscient que la fin du système des imams détachés peut générer ponctuellement des difficultés pour les mosquées qui en bénéficiaient ».
Après le 1er avril 2024, les imams détachés encore présents sur le territoire ne pourront s’y maintenir « sous ce statut », ajoute-t-il dans ce courrier consulté par TF1 et par l’AFP. Ainsi, un « cadre spécifique » sera mis en place pour permettre aux associations gestionnaires de lieux de culte de recruter elles-mêmes des imams, qu’elles salarieront directement. Le but n’est pas d’empêcher des imams étrangers de prêcher en France, mais de s’assurer qu’aucun n’est payé par un État étranger dont il serait fonctionnaire ou agent public. En revanche, la venue d' »imams du ramadan », ces quelque 300 psalmodieurs et récitateurs qui se rendent en France pendant le mois béni pour les musulmans, n’est elle « pas remise en cause », selon cette lettre.
L’accent mis sur la formation en France
Parallèlement, l’accent est mis sur la nécessité qu’une « part croissante » des imams officiant sur le territoire soient, « au moins partiellement, formés en France ». Cela suppose de développer les formations et l’État se veut « attentif » à ce qu’une offre « respectueuse des lois et principes de la République » s’étoffe rapidement. Au-delà des formations cultuelles, il s’agit aussi de soutenir l’accès des imams à des formations universitaires, comme celles lancées en 2023 par l’institut français d’islamologie par exemple.
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Pour mieux organiser le culte musulman, un Forum de l’islam de France (Forif) avait été lancé en février 2022, avec des acteurs de terrain censés mieux représenter la deuxième religion du pays. Mais cette instance peine à s’imposer dans le paysage fragmenté de l’islam en France.
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