La scène qui vient de se dérouler au Niger rappelle celles qui ont eu lieu en août 2022 au Mali puis au Burkina Faso il y a quelques mois. Quelques militaires français actent formellement leur départ dans une dernière cérémonie de descente de drapeaux. Ils prennent ensuite la direction de la maison ou d’un pays voisin. En l’occurrence le Tchad pour une partie des hommes et du matériel partis vendredi du Niger. Le renversement de régime dans ce pays, comme au Mali et au Burkina, amène la fin de la présence militaire française dans cette partie du Sahel, une région qui va du Sénégal au Soudan. C’est un échec considérable pour la diplomatie mais aussi pour le renseignement français qui n’ont pas anticipé les bouleversements régionaux en cours. Dans le cas du Niger cela clôt une séquence très tendue. Après le coup d’État cet été, les putschistes ont engagé un bras de fer avec Paris sous la forme d’un blocus autour de l’ambassade de France. Elle a définitivement fermé jeudi dernier. Ça n’a pas été le cas au Mali et au Burkina Faso. Le Niger fait désormais partie des rares nations au monde, avec la Syrie, l’Afghanistan et le Yémen, entre autres, qui n’ont pas d’ambassade de France sur leur sol.
Beaucoup d’Histoire entre la France et le Niger
Une histoire douloureuse parfois exploitée par des influenceurs anti français mais aussi mal digérée par de nombreux Africains. Ils accusent la France d’avoir conservé une attitude paternaliste à l’égard du continent après la décolonisation. Après les indépendances dans les années 60, Paris a maintenu des relations politiques mais aussi économiques avec certaines de ses anciennes colonies et leurs gouvernants. Elle a également conservé une présence militaire dans la zone. Une présence incarnée depuis une dizaine d’années par les milliers de troupes françaises venues lutter contre le djihadisme au Sahel. Ce sont les opérations Serval et Barkhane, entre autres. Leurs résultats mitigés ont généré des frustrations locales mais aussi un vrai ressentiment à l’égard de ces troupes.
Ces soldats qui ont permis la libération de villes maliennes à partir de 2013 ont fini par être, au gré des années, perçus comme une force d’occupation.
D’autres pays en profitent
Il y a les évidences, à commencer par la Russie. Au Niger, Moscou a rapidement reconnu la junte et a proposé ses services militaires, peut-être même ceux de Wagner, dans le cadre d’un accord de défense. La Chine est également en embuscade. Mais il y a un cas plus gênant pour la France. C’est celui de son allié américain qui n’a pas du tout suivi la ligne de Paris sur le dossier nigérien. Washington a fait le choix de ménager la junte et n’a fait que suspendre sa coopération avec les militaires dans la lutte contre le terrorisme. Les États Unis ne se sont clairement pas privés d’ajouter leur propre clou au cercueil d’une Françafrique qui verra peut être d’autres pays dans la région quitter prochainement son orbite.
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