* 80 délégations réunies à Paris pour coordonner l’aide à
Gaza
* Un corridor maritime, des capacités médicales offshore
vont être
discutés
* L’Autorité palestinienne représentée, Israël pas invité
PARIS, 9 novembre (Reuters) – Quelque 80 pays et
organisations internationales se réunissent ce jeudi à Paris
pour une conférence sur Gaza destinée à coordonner l’aide et à
évaluer les moyens de soigner les blessés de l’enclave
palestinienne, mais les attentes de résultats concrets sont
faibles en l’absence de pause dans les combats.
Si la France a apporté son soutien à Israël à la suite de
l’attaque du Hamas le 7 octobre qui a fait 1.400 morts, les
préoccupations sont croissantes à l’égard des victimes civiles
dans la bande de Gaza signalées chaque jour dans les frappes
israéliennes menées depuis lors en représailles. Des milliers de
personnes ont été tuées, blessées et déplacées.
« Ce n’est un secret pour personne que l’accès aujourd’hui
est difficile à Gaza pour les biens de première nécessité –
médicaments, eau… Donc l’objet, c’est vraiment de travailler
avec l’ensemble des participants et aussi avec Israël (…) pour
permettre l’amélioration de l’accès », a déclaré un représentant
de l’Elysée à des journalistes en amont de la conférence.
Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, basée en
Cisjordanie, sera présent à Paris, alors qu’Israël n’a pas été
invité. Des représentants français ont indiqué qu’Israël était
tenu informé de l’initiative et des travaux menés.
Des acteurs régionaux comme l’Egypte, la Jordanie et des
pays du Golfe vont prendre part à la conférence, de même que les
puissances occidentales et les membres du G20 à l’exception de
la Russie. Il est prévu que des institutions internationales et
des ONG comme Médecins sans frontières (MSF), qui opèrent à
Gaza, participent aussi aux discussions.
Mais les rangs des participants seront relativement faibles.
Peu de chefs d’Etat et de gouvernement, ou de ministres des
Affaires étrangères, feront le déplacement, tandis que les ONG
ont dénoncé un manque de pressions en faveur d’un cessez-le-feu.
Il s’agira de « répéter les positions nationales, de déclarer
ce que chaque Etat a donné et va donner, de dire que les civils
doivent être protégés et que le droit humanitaire international
doit être respecté », a déclaré un diplomate européen.
SE PRÉPARER EN VUE D’UNE PAUSE HUMANITAIRE
Des représentants français disent espérer que la conférence
permettra de poser les bases en vue d’une pause dans les
affrontements à Gaza afin que la réponse internationale puisse
alors être rapide.
Paris prévoit notamment d’oeuvrer à mobiliser des ressources
financières, alors que les Nations unies ont évalué à 1,1
milliard de dollars les besoins immédiats des civils
palestiniens, tandis que plusieurs acteurs ont été identifiés
pour apporter de l’aide d’urgence, en comptant sur l’ouverture
de couloirs humanitaires vers Gaza.
Il est attendu que la France annonce lors de la conférence
des engagements revus à la hausse.
Restaurer les arrivées d’eau potable, de carburant et
l’électricité doit être discuté, de même que des procédures pour
garantir que les aides pour Gaza ne seront pas détournées par le
Hamas.
Au menu des discussions, aussi, la mise en place d’un
corridor maritime pour acheminer de l’aide dans l’enclave via sa
côte et la façon dont des navires pourraient être utilisés pour
aider les blessés évacués de la bande de Gaza.
Si l’hypothèse d’installer des hôpitaux de campagne doit
être évaluée, des diplomates ont indiqué que l’Egypte était
réticente à l’idée d’accueillir une multitude d’hôpitaux sur son
territoire. En l’absence d’une pause humanitaire ou d’un
cessez-le-feu à Gaza, il est difficile d’en installer dans
l’enclave.
Israël et le Hamas ont répété qu’ils excluaient un
cessez-le-feu, amenuisant les espoirs d’une avancée humanitaire
rapide. Israël demande au préalable la libération de tous les
otages, tandis que le Hamas dit qu’il ne cessera pas de
combattre tant que la bande de Gaza sera assiégée.
« Nous nous attendons à ce que la conférence sur les
questions humanitaires à Gaza soulève bien entendu la question
des 241 otages israéliens, qui sont à Gaza, dont des bébés,
enfants, femmes et personnes âgées », a déclaré à Reuters un
représentant israélien.
Il s’agit d’une question humanitaire primordiale, a ajouté
ce représentant. « La communauté internationale doit discuter de
ce sujet dans le cadre des discussions humanitaires pour Gaza ».
Un représentant de l’Elysée a fait savoir que la question
serait sur la table.
(Reportage John Irish, rédigé par Jean Terzian)
par John Irish et Elizabeth Pineau
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