la frontière entre Haïti et la République dominicaine reste fermée

Luis Abinader persiste et signe. Lors d’un discours à la nation dimanche 17 septembre au soir, le président de la République dominicaine a réaffirmé que la frontière entre son pays et Haïti restera fermée : « Notre objectif est de garantir la sécurité et l’intérêt national, ainsi que de protéger nos rivières, notre environnement et notre production agricole. En signe de notre ferme détermination, nous avons suspendu la délivrance de visas, interdit l’entrée des promoteurs de la construction du canal en Haïti, fermé les frontières terrestres, aériennes et maritimes et renforcé la présence militaire tout au long de la frontière. Ces mesures resteront en vigueur jusqu’à ce que nous obtenions l’arrêt définitif de la construction du canal », a déclaré le chef de l’État.

« Il ne s’agit pas d’un conflit entre deux peuples. Car, ni le peuple dominicain ni le peuple haïtien ne veulent la confrontation. Ce que nos peuples ont démontré, c’est le désir de vivre en paix. Nous ne voulons ni ne cherchons la confrontation. Mais nous affrontons les incontrôlables qui maintiennent l’insécurité en Haïti et qui, pour leurs seuls intérêts particuliers, conspirent maintenant aussi contre la stabilité de leur gouvernement et contre la sécurité de nos ressources en eau. »

El Nuevo Diario salue « la détermination et le courage » de Luis Abinader. Le Listin Diario estime que « la fermeture totale de la frontière est la politique la plus adaptée pour garantir la sécurité nationale et notre souveraineté ». L’éditorialiste poursuit : « La décision responsable du président a le soutien d’une société dominicaine qui sent l’odeur du sang et de la violence qui s’est répandue en Haïti, et qui craint légitimement qu’elle ne se propage ici. »

Mais les journaux ne sont pas tous sur cette ligne. Le quotidien El Dia écrit : « Au-delà des sentiments nationalistes exacerbés de part et d’autre par cette énième crise entre Haïti et la République dominicaine, force est de constater que les deux pays ont plus à perdre qu’à gagner avec la fermeture de la frontière. Et qu’il n’y a donc pas d’autre choix que de se comprendre pour ensuite s’entendre. »

El Nacional se montre plus sceptique : « Le gouvernement dominicain conditionne la reprise du dialogue avec Haïti à la suspension immédiate de la construction du canal d’irrigation. Mais qui, en Haïti, pourrait prendre une telle décision, si même le Premier ministre haïtien déclare qu’il ne peut empêcher cette construction. » « Le président Abinader, souligne l’éditorialiste, aurait pu attendre avant de prendre une décision aussi radicale que la fermeture de la frontière, afin de donner aux chefs d’entreprise locaux une chance de convaincre leurs homologues haïtiens de cesser les travaux sur le canal. Mais le chef de l’État dominicain a probablement subi des pressions de la part de groupes ultranationalistes et ses conseillers l’ont peut-être convaincu qu’en plus de défendre la souveraineté nationale, la fermeture indéfinie des postes frontières aurait des retombées électorales. Donc, en ordonnant la fermeture totale de la frontière, le président Luis Abinader a littéralement franchi le Rubicon de l’histoire et placé son avenir politique et électoral dans ce tonneau sans fond qu’est Haïti. On sait comment la crise a commencé, mais pas comment elle se terminera », estime El Nacional

À lire aussiLa République dominicaine ferme sa frontière avec Haïti à cause d’un canal

Luis Abinader a aussi déclaré hier soir que la solution à la crise haïtienne ne se trouvait pas en Haïti, mais du côté de la communauté internationale. Comme « la fermeture définitive de la frontière est impensable, le président Abinader compte sur des résolutions à l’ONU qui permettraient de la rouvrir sans qu’il ne perde la face », écrit le journal Hoy.

Guatemala : le président élu Bernardo Arévalo déposera lundi 18 septembre un recours devant la Cour suprême de justice

L’objectif de ce recours : « Le rétablissement de l’ordre constitutionnel et la démission de la procureure générale, du chef du bureau du procureur spécial, et d’un juge qui sont, selon le président élu, les figures les plus visibles d’une tentative de coup d’État », détaille Prensa Libre. Pour rappel, Bernardo Arévalo a remporté la présidentielle au moins d’août, à la surprise générale. Ce social-démocrate a été élu sur la promesse de combattre la corruption endémique dans le pays. Depuis sa victoire, il dénonce les persécutions judiciaires du ministère public contre son parti, Semilla, qui a été temporairement suspendu.

Pour l’éditorialiste du journal La Hora, « ces attaques font partie d’une stratégie globale des institutions contrôlées par la corruption pour faire dérailler la volonté populaire exprimée dans les urnes, une population qui s’est massivement opposée au régime actuel. Ce régime, estime encore La Hora, poursuivra ses efforts pour faire dérailler le processus électoral afin d’empêcher Bernardo Arévalo de prêter serment en tant que président de la République ».

Le président élu s’est adressé hier à l’ensemble des Guatémaltèques. Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, Bernardo Arévalo appelle la population à descendre dans la rue pour l’accompagner, physiquement ou symboliquement, lors du dépôt de son recours devant la plus haute juridiction du pays.

« À tous les peuples qui composent cette grande nation. Aux travailleurs et aux employeurs, aux organisations qui veillent au bien commun et aux communautés de foi, aux procureurs qui ont consacré leur temps et leur énergie à défendre le vote, aux étudiants dont l’énergie et l’enthousiasme sont le carburant de cette démocratie, une démocratie qui reste vivante malgré les attaques d’une minorité corrompue et des putschistes ! À toutes les personnes qui aspirent à vivre libres et qui refusent d’accepter la corruption, l’impunité et l’autoritarisme : nous vous demandons de vous joindre à nous ce lundi pour affirmer notre droit collectif à nous gouverner sans oppression et sans tyrannie. Nous demandons à chacun d’entre vous de se joindre à nous pour déposer ce recours en tant qu’expression de l’unité nationale et de la défense de la démocratie », déclare Bernardo Arévalo.

Si La Hora salue l’initiative du président élu, le journal ne se fait guère d’illusions : « Les juges de la Cour suprême font eux-mêmes partie du système corrompu ». Il n’y a rien d’autre à faire que d’être dans la rue, estime l’éditorialiste avant de conclure : « Citoyens : le moment est venu. »

À lire aussiGuatemala : « le Parlement n’est pas du tout du côté » du président élu Bernardo Arévalo

États-Unis : un milliard de dollars pour planter des arbres

Aux États-Unis, le gouvernement fédéral met les petits plats dans les grands. Il va dépenser plus d’un milliard de dollars pour aider les États à planter des arbres. L’objectif : atténuer les chaleurs extrêmes, notamment dans les grandes villes, et lutter contre le changement climatique. « C’est l’investissement le plus important jamais réalisé dans les forêts urbaines », se félicite le Los Angeles Times. Selon le quotidien, « la Californie recevra environs 103 millions de dollars de cette enveloppe globale. Dans des villes comme Los Angeles, San Francisco ou encore San Diego, les plans sont déjà prêts. Il s’agira d’améliorer la canopée urbaine, surtout dans les quartiers défavorisés. Dotés de moins d’arbres et de moins d’espaces verts, ce sont aujourd’hui les pauvres qui souffrent le plus des températures records aux États-Unis », conclut le Los Angeles Times.

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.