La France s’appuie sur un modèle d’organisation du sport construit au début des années 1960 pour améliorer son rang dans la hiérarchie sportive internationale. Une politique structurante pour soutenir le sport de compétition/de haut niveau et de mise sous tutelle des fédérations a été mise en œuvre par la construction et la rénovation d’équipements sportifs, mais aussi par la formation des cadres et des entraîneurs via des diplômes d’État dédiés et obligatoires pour encadrer le sport.
Le ministère des sports et les fédérations sportives nationales représentent le duo coordinateur de la gouvernance du sport, notamment sur le sport de haut niveau. Le modèle français incarne aussi le « modèle européen du sport » : il place le sport de haut niveau, le sport professionnel et le sport pour tous sous le contrôle des fédérations avec une approche solidaire et unitaire, soutenue par une régulation étatique et européenne.
Le ministère des sports finance, par le biais d’un partenariat avec chaque fédération, encadré par des conventions d’objectifs depuis 1984, 1 600 postes de conseillers techniques du sport (fonctionnaires, qui sont détachés auprès de 79 fédérations nationales). Cet apport en personnel s’additionne aux subventions directes, historiquement fléchées vers le sport d’élite et ses 16 000 sportifs de haut-niveau (dont 40% de femmes). Dans les sports collectifs, la France s’appuie aussi sur le poids croissant – 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019 – de plusieurs ligues professionnelles de sports collectifs (football, rugby, basket-ball, volley-ball, hand-ball, hockey sur glace), placées sous la tutelle de fédérations sportives, de clubs professionnels et de leurs centres de formation performants au niveau international.
Depuis l’arrêt Bosman de 1995 (libre circulation des sportifs professionnels au sein de l’Union européenne), la France a réussi, grâce à son système de formation performant, à exporter ses meilleurs joueurs vers les plus grands clubs européens. Ainsi, la France se classe, depuis la fin des années 1990, tant chez les hommes et que chez les femmes, parmi les meilleures nations mondiales dans les sports collectifs majeurs (football, rugby à XV, basket-ball, handball et volley-ball). En revanche, dans les sports individuels, la France, par son modèle étatisé autour d’un établissement public dédié à la formation des meilleurs athlètes (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance – Insep) et de filières de haut niveau, a produit l’essentiel de ses médailles internationales dans des sports olympiques historiquement peu professionnalisés : canoë-kayak, escrime, natation, cyclisme sur piste et judo.
Aux Jeux de Rio en 2016, la France a obtenu 42 médailles (7e rang des nations). Aux jeux de Tokyo en 2021, elle en a récolté seulement 33, dont 10 en or, (8e au rang des nations). Si la France se distingue traditionnellement aux jeux d’hiver par des médailles en ski alpin et en patinage artistique, ce sont le biathlon, le snowboard et le ski acrobatique qui lui permettent de se classer 8e nation depuis les années 2010 (12e à Pékin en 2022). Pour les JOP 2024, l’objectif premier est de terminer à la 5e place.
La concurrence s’est beaucoup densifiée aux JO (croissance très importante des investissements consacrés par la plupart des grandes nations et de pays émergents). La Chine aurait investi 500 milliards de dollars pour préparer et organiser les JO 2008 de Pékin (elle termine à la première place devant les traditionnels vainqueurs américains et 3e aux JO d’hiver 2022, tous les deux organisés à domicile). Depuis 2000, la Grande-Bretagne a multiplié son soutien au sport d’élite par six (2,5 fois l’investissement français) via une stratégie de spécialisation très ciblée sur des disciplines pourvoyeuses de médailles. C’est pourquoi, depuis 2008, elle s’est classée régulièrement sur le podium des nations aux JO d’été.
Malgré la férocité de cette concurrence internationale, la France, à partir d’une stratégie généraliste, rayonne encore, y compris dans des disciplines non olympiques très populaires : rugby à XV, sports automobile et motocycliste ou encore le karaté et la pétanque. Cependant, ce modèle, très étatisé et plus interventionniste que dans les autres pays de l’UE, explique que nombre des 36 fédérations olympiques nationales soient restées dans une culture de dépendance à l’aide de l’État. De plus, les demandes croissantes de sport loisir, de sport santé et de cohésion sociale questionnent régulièrement la capacité du modèle fédéral français, soutenu fortement par l’action publique, à y répondre.
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