En pleine guerre froide, le Front national de libération du Congo, un groupe séparatiste soutenu par les communistes, de tous bords, ravage le Zaïre. Mobuto fait appel à ses amis français, belges et marocains. Sans l’ombre d’une hésitation, Feu Hassan II envoya des troupes marocaines composées d’éléments de la Brigade légère de sécurité, un groupe blindé M113 et des commandos de la Première Brigade d’infanterie parachutiste. Dans le tumulte de la bataille, les militaires marocains côtoient des frères d’armes aux noms et aux visages familiers: leurs collègues zaïrois dont beaucoup étaient d’anciens compagnons de classes, au sein de la prestigieuse Académie Royale Militaire de Meknès.
Une longue lignée de galonnés
L’actualité africaine du moment nous prouve, encore une fois et de plus belle, que l’Histoire est un éternel recommencement. Autrefois attaché militaire à Rabat, émoulu de l’Académie Royale Militaire de Meknès, le successeur d’Ali Bongo Ondimba, et nouvel homme fort du Gabon, a coulé des jours heureux au Maroc, où il a noué des liens solides avec le gratin de la société marocaine.
Brice Clotaire Oligui Nguema, devenu président du Gabon par la volonté du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), à la suite du putsch qui a renversé Ali Bongo Ondimba, est donc familier avec les hautes sphères militaires du Maroc.
Ce quadragénaire, général de corps d’armée, hier encore à la tête de la Garde républicaine, connaît, en n’a pas douté, bien le Royaume. Pas seulement Rabat, où il a été dépêché comme attaché militaire en 2009 après le décès de Bongo-père, dont il fut l’aide de camp, mais aussi Meknès, où il a fait, en 1998, ses premières armes au sein de l’Académie royale militaire (ARM).
« Cette institution de choix, qui a vu défiler les meilleurs et les plus performants des officiers supérieurs de l’armée marocaine, a également vu passer de nombreuses personnalités gabonaises et africaines, entre autres », témoigne le professeur universitaire Nourdine Belhaddad, expert en relations internationales et fin connaisseur de l’Histoire militaire marocaine.
Cette Académie dont la réputation résonne aux quatre coins de la ronde a même compté parmi ses apprenants les Mauritaniens Mohamed Ould Ghazouani et Mohamed Ould Abdelaziz ainsi que le général nigérien Abdourahamane Tiani, dit Omar Tchiani, qui n’est autre que le général de brigade des forces armées nigériennes et Commandant de la garde présidentielle du Niger.
De l’ARM au Palais du bord de mer
Tout comme Ali Alain Bongo et Brice Oligui Nguema, un autre compatriote vient parfaire l’adage « Jamais deux sans trois ». Il s’agit de Gabin Oyougou Lehounda, général de brigade, également membre du CTRI mis en place par les putschistes, ancien membre de l’ARM, sorti de l’Académie la tête haute, avec le grade de sous-lieutenant et un DEUM (diplôme d’études universitaires et militaires).
« L’ARM est bien plus qu’une école de formation aux arts militaires. Il s’agit d’une institution qui fait perpétuer l’Histoire de la solidarité panafricaine au-delà de nos frontières en enseignant aux enfants du continent le b.a.-ba de la déontologie de la profession, de la défense, à l’attaque non-armée, en passant par l’éthique de la résistance en temps de crise », nous apprend l’universitaire Pr. Belhaddad. Des propos empreints de sagacité qui vont jusqu’à nous rappeler Feu Hassan II quand Il disait que « l’homme sage est celui qui vient toujours chercher des conseils d’abord, des armes on en trouve partout ».
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