La maladie hémorragique épizootique s’étend à 19 foyers en France, des tests obligatoires

Dix-neuf foyers de la maladie hémorragique épizootique (MHE) ont été dénombrés en France cette semaine, lors du dernier décompte datant de jeudi matin, a indiqué vendredi le ministère de l’Agriculture. Le 21 septembre, il faisait état de seulement trois foyers de cette maladie, qui affecte principalement les bovins. Le ministère annonce que des tests seront désormais obligatoires pour tous les animaux quittant une vaste zone de surveillance sitée dans le sud-ouest de la France.

Transmise par des moucherons piqueurs, la maladie affecte surtout les cervidés et les bovins et n’infecte pas les humains. Mortelle dans moins de 1% des cas, selon les experts, elle provoque fièvre, amaigrissement, lésions buccales, difficultés respiratoires, boiterie. Chez les cervidés, elle peut déclencher un syndrome hémorragique, d’où son nom.

Identifiée pour la première fois aux États-Unis en 1955, la MHE est présente en Espagne, en Italie (Sardaigne et Sicile) et au Portugal. Elle circule également en Australie, en Asie, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Depuis son apparition fin 2022 au sud de l’Espagne, le virus est remonté jusqu’en France. Il n’existe pas à ce jour de vaccin contre la MHE.

Une vaste zone de surveillance

Conformément aux règles européennes, les autorités françaises ont rapidement mis en place des mesures visant à ralentir la propagation de la maladie. Un périmètre de sécurité, d’un rayon de 150 km autour d’un élevage infecté par le virus, a été mis en place le 25 septembre, assorti d’une interdiction de sortie pour les vaches, chèvres et moutons. Plusieurs exemptions étaient prévues : pour les animaux de retour d’estive, allant à l’abattoir ou ayant reçu une désinsectisation.

Désormais, à compter du 1er octobre, ces conditions sont légèrement assouplies, pour « sécuriser les conditions de reprise des mouvements » des bêtes, selon certaines conditions sanitaires : « Tout animal amené à quitter la zone réglementée liée aux foyers confirmés de cette maladie, devra avoir fait l’objet au préalable d’un test de dépistage en laboratoire attestant l’absence de contamination, en complément de la désinsectisation » pour tuer tout moucheron piqueur, a détaillé sur France Inter ce samedi le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau. Si le test est négatif et que la désinsectisation a été faite, l’animal peut voyager en dehors de la zone réglementée.

Cette zone de surveillance concerne toujours six départements en entier, et désormais sept partiellement, soit un de plus qu’auparavant. Elle inclut les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées, le Gers, la Haute-Garonne et l’Ariège, et concerne également une partie de la Gironde, du Lot-et-Garonne, du Lot, du Tarn-et-Garonne, du Tarn, de l’Aude et des Pyrénées-Orientales. Les foyers se situent au sein d’élevages des Pyrénées-Atlantiques (16 foyers) et des Hautes-Pyrénées (trois foyers).

« Un bilan hebdomadaire sera effectué chaque fin de semaine », indique le ministère. Et un réseau de laboratoires formés spécifiquement à la détection de la MHE est en train d’être mis en place en France.

La zone de surveillance.
La zone de surveillance.
Ministère de l’Agriculture.

Quid des exportations ?

Le ministère de l’Agriculture « poursuit » les « échanges avec ses partenaires commerciaux pour rouvrir les marchés qui pourraient être momentanément fermés » afin de « préserver – dans le respect des exigences sanitaires – les flux commerciaux » notamment vers l’Europe et l’Afrique du Nord, indique-t-il.

Sur France Inter ce samedi, Marc Fesneau s’est voulu rassurant« Pour l’instant, ça ne déstabilise pas trop les marchés », affirme-t-il. « On travaille avec les pays d’export, en particulier l’Italie et l’Espagne, pour faire en sorte que les flux puissent se faire dans des conditions sanitaires respectueuses de la réglementation mais qui permettent de ne pas les bloquer totalement ».

« On a toujours été au rendez-vous des crises qu’il y a pu avoir en élevages, comme pour la grippe aviaire », a souligné le ministre. Selon lui, la question d’une aide d’urgence n’est pas sur la table « à date ». Mais la question sera réétudiée « si les marchés s’effondraient, si nous n’étions pas en capacité à terme d’exporter », promet Marc Fesneau. « On verra dans les semaines qui viennent ce qui se passe », poursuit-il.

Le ministre prévient toutefois que la France sera dans l’avenir « de plus en plus » confrontée à « des maladies que nous n’avions pas sur nos territoires« . Selon lui, « cela nécessite d’avoir une réflexion sur les sujets sanitaires » à cause du dérèglement climatique. Il souligne que la MHE « est en partie liée au dérèglement climatique, puisque c’est transmis par des moucherons ». Le réchauffement des températures leur permet notamment de vivre plus longtemps.

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