Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a estimé lundi que la « méfiance » ne pouvait pas guider l’accord commercial entre l’UE et les pays du Mercosur, déplorant les exigences environnementales des Européens.
« Entre partenaires stratégiques, il doit y avoir une confiance mutuelle et non de la méfiance et des sanctions », a déclaré Lula lors d’une conférence de presse conjointe avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Le Mercosur, alliance entre le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, a conclu un accord avec l’UE en 2019 après plus de 20 ans de négociations, mais le pacte n’a pas été ratifié, en partie en raison des préoccupations européennes concernant les politiques environnementales de l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro (2019-2022).
Les positions ont évolué avec le retour au pouvoir en janvier 2023 de Lula pour un troisième mandat à la tête de la première économie d’Amérique latine, mais les exigences environnementales des Européens, contenues dans un document additionnel à l’accord, ont refroidi l’enthousiasme du bloc sud-américain.
« J’ai expliqué à la présidente von der Leyen les préoccupations du Brésil », a indiqué Lula lors de la conférence de presse au palais présidentiel du Planalto, à Brasilia. Ce document « élargit les obligations du Brésil et les soumet à des sanctions en cas de non-respect », a-t-il regretté.
Le président brésilien a critiqué les lois européennes « qui modifient l’équilibre de l’accord ». Une loi adoptée en avril interdit par exemple l’importation en Europe de produits tels que le cacao, le café, le bois ou le soja provenant de terres déboisées.
« Ces initiatives représentent des restrictions potentielles aux exportations agricoles et industrielles du Brésil », a déploré Lula.
Mme von der Leyen s’est pour sa part montrée optimiste, disant espérer une ratification de l’accord entre les deux blocs « d’ici la fin de l’année au plus tard ».
La diplomate a entamé lundi (12 juin) au Brésil une tournée latino-américaine qui la conduira également en Argentine, au Chili et au Mexique. Celle-ci intervient une semaine après que la Commission européenne a annoncé vouloir « renouveler » la relation de l’UE avec les pays d’Amérique latine et des Caraïbes. L’UE est actuellement le plus grand investisseur étranger dans la région.
Mme von der Leyen a annoncé l’intention de l’UE de contribuer à hauteur de 20 millions d’euros au Fonds pour l’Amazonie, créé en 2008 pour préserver la partie brésilienne de la plus grande forêt tropicale du monde.
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