La ministre Sylvie Retailleau au CEA de Grenoble pour soutenir recherche et production des énergies nouvelles
Ce lundi 22 mai, le CEA de Grenoble a reçu la visite de Sylvie Retailleau, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, accompagnée de Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’Investissement chargé du plan France 2030, tous deux venus présenter le Programme et Equipement Prioritaire (PEPR) Technologies avancées des systèmes énergétiques (TASE). Le principe : 50 millions d’euros investis sur six ans pour soutenir la recherche dans les énergies dites « nouvelles », en particulier renouvelables, et renforcer la connexion avec l’industrie.
Renforcer les liens entre recherche et industrie
Pour Sylvie Retailleau, Grenoble illustre parfaitement cette connexion visée entre recherche et industrie : « Vous avez un berceau de la technologie, au niveau du CEA, au niveau de l’université, ST Microelectronics pas loin, et donc toute l’industrie qui va avec. Il est important d’avoir toute cette chaine de la recherche vers l’industrie et en particulier dans les domaines énergétiques« .
Une collaboration historique, et surtout stratégique pour le directeur du CEA Bruno Feignier : « Le CEA a dans son histoire une collaboration très forte avec le monde industriel. Non seulement ça permet d’augmenter la capacité de recherche, mais ça permet également de le faire en lien très fort avec le monde industriel, de façon à ce que ces recherches puissent mener vers des développements qui demain vont soutenir l’industrie française et donc notre souveraineté« .
Un enjeu de souveraineté industrielle et énergétique
D’autant qu’en matière de panneaux solaires, la France, en pointe sur la recherche, est en retard sur la production. « Sur le photovoltaïque, on est à plus de 90% sur de la production qui se fait en Chine ou dans les pays limitrophes« , explique François Legaland, directeur du laboratoire CEA – Liten. « Donc il y a un vrai sujet à supporter les quelques acteurs qui restent en France et en Europe. et puis à développer ce tissu industriel, tout un écosystème, et à l’échelle européenne« . *
C’est justement dans cette optique qu’une giga-usine de panneaux photovoltaïques doit voir le jour fin 2025 à Fos-sur-mer
, un projet colossal d’un milliard d’euros qui doit permettre de créer 3.000 emplois.
De l’argent pour la recherche, mais une précarité des chercheurs
A noter que pendant la visite de la ministre au CEA, une vingtaine de personnes se sont rassemblées devant l’entrée du site, et ont entamé un concert de casseroles, désormais une habitude sur la plupart des déplacements ministériels, en protestation contre la réforme des retraites. Autres revendications : la précarité des étudiants, mais aussi celle des chercheurs eux-mêmes : « Le point d’indice pour les salariés du CEA, comme pour tous ceux du public et de la recherche, il est bloqué depuis 10 ans, donc ça fait une baisse de niveau de vie à la louche de 30%« , dénonce Isabelle Chartrier, déléguée CGT au CEA de Grenoble. « On annonce des plans usine, très bien, relance de l’emploi, on va faire des crédits d’impôts,… Il est où l’argent pour payer les chercheurs ? Donc on en a un peu marre, on aimerait bien être payés suffisamment, et qu’il y ait assez d’enseignants pour nos étudiants« .
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