Le pays demeure plongé dans une crise sociopolitique profonde, suscitant des inquiétudes croissantes alors que les initiatives internationales pour résoudre la situation se soldent par des échecs. La dernière mission de la CARICOM, arrivée le 4 septembre, a quitté le pays après 6 jours sans parvenir à un accord.
L’objectif de cette délégation était clairement défini, il consistait à réunir les acteurs locaux autour des points tels que l’élargissement du Haut Conseil de Transition (HCT), la réorganisation du cabinet ministériel et la réforme constitutionnelle. Mais, les protagonistes n’ont pas réussi à se mettre d’accord.
L’absence du Premier ministre, Ariel Henry, s’est avérée un point de discorde majeur. Certaines parties exigeaient sa participation directe aux négociations, et il a finalement accepté de s’asseoir à la table des discussions le 9 septembre. Cependant, malgré la médiation des personnalités éminentes de la CARICOM, aucun accord sur un agenda de discussions n’a été atteint.
Il est à noter que ce n’est pas la première fois que le Premier ministre Henry manifeste des réticences à dialoguer avec les acteurs clés. L’intervention de la CARICOM en Jamaïque avait été nécessaire pour le convaincre de participer aux pourparlers, mais même alors, aucun accord n’avait été trouvé.
De nombreux acteurs réclament la démission du Premier ministre comme préalable aux négociations. Cependant, le parti politique Fanmi Lavalas adopte une position moins rigide, privilégiant le rétablissement de la sécurité sur le territoire national. Les protagonistes ont convenu toutefois de poursuivre les pourparlers le mardi 12 septembre à la Nonciature apostolique.
Dans une note publiée le 10 septembre, les signataires de l’accord du 21 décembre ont, de leur côté, appelé tous les secteurs de la société à se rassembler, à dialoguer et à rechercher un consensus. Ils ont également plaidé pour le renforcement du système de renseignement, en particulier de la police et de la douane, dans le but de protéger le peuple. De plus, ils ont exhorté à la cessation du trafic d’armes et de munitions à travers les frontières pour restaurer la sécurité nationale.
Cependant, l’horloge tourne, car une entente entre les parties prenantes avant le 15 septembre est cruciale. À cette date, le Conseil de sécurité des Nations unies devra décider de l’envoi éventuel d’une mission multinationale en Haïti. L’avenir du pays demeure incertain, et l’espoir d’une résolution pacifique de la crise semble de plus en plus hypothétique.
Esdra Jeudy
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