la Nouvelle-Zélande terrasse l’Irlande au bout d’un quart de finale épique

On les avait enterrés, relégués dans le rang des équipes ordinaires, jugés incapables de faire dérailler une Irlande lancée tout droit vers une première qualification de son histoire en demi-finale d’une Coupe du monde. On les disait dépassés, friables et privés de leur impitoyable jeu d’attaque.

Et pourtant : les All Blacks, en triomphant du XV du Trèfle (28-24) au terme d’une des parties les plus mémorables de l’histoire de la compétition, ont montré, vendredi 14 octobre au Stade de France, que cette équipe de noire vêtue ne mourrait jamais vraiment.

Dans les jours et les semaines précédant cette confrontation, on avait l’impression que l’histoire était déjà écrite : l’Irlande, première nation mondiale du haut de ses dix-sept victoires d’affilée, sûre de ses qualités et de son rugby, allait prendre le meilleur sur la Nouvelle-Zélande grâce à son jeu huilé, implacable et mille fois répété. C’était l’aboutissement de la logique sportive et le triomphe annoncé de l’hémisphère Nord, quasiment un passage de témoin entre deux des équipes les plus dominantes de ces quinze dernières années. Avant la rencontre, comme un signe annonciateur de ce scénario couru d’avance, les assourdissants chants irlandais descendus des tribunes du Stade de France rendaient inaudible le traditionnel haka néo-zélandais.

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Jusqu’aux ultimes minutes du match, cette histoire pouvait encore être écrite. Les Irlandais avaient la balle sous le bras et seulement quatre points de retard. Pour composter leur ticket pour la demi-finale, il leur suffisait d’atteindre la ligne néo-zélandaise, là-bas, à plus de soixante mètres, et d’y marquer un essai.

A la 77e minute, le XV du Trèfle a donc démarré son rouleau compresseur et ses attaques inlassables sur la ligne adverse, celles qui d’ordinaire assèchent les poumons, brûlent les cuisses et brisent les défenses. Pendant plus de cinq minutes et le nombre stratosphérique de trente-sept phases de jeu, les vagues vertes ont fait reculer la ligne noire, mètre par mètre.

La victoire au bout d’une séquence étourdissante

Les deux équipes se sont livrées pendant ces cinq minutes un combat que l’on citera en exemple pendant de longues années. On aurait dit que l’oxygène avait déserté le Stade de France. Les 78 000 spectateurs sentaient sans doute que le sort du match ne tenait qu’à un fil, une main qui tremble, une passe mal assurée, un plaquage trop appuyé.

Pendant plus de 300 secondes de charges surpuissantes et de défense désespérée, pas une des équipes n’a lâché prise ni commis de faute. Jusqu’à ce que le Néo-Zélandais Sam Whitelock, l’œil aiguisé par ses 151 sélections, plonge ses grandes mains au cœur d’un énième ruck pour récupérer la balle, briser définitivement le rêve irlandais et envoyer les siens en demi-finale, vendredi 20 octobre dans ce même Stade de France.

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