La participation des athlètes russes aux JO : « pas une surprise » pour les sabreuses ukrainiennes

Le palais des sports d’Orléans se vidait au pas de course hier en fin d’après-midi. Ne restaient que les petites mains, affairées à tout remettre en ordre pour que tout soit fin prêt pour le Grand Prix d’aujourd’hui. Les sabreuses avaient déjà toutes déserté après l’éreintant tableau préliminaire entamé tôt dans la matinée. Toutes sauf les tireuses ukrainiennes.

En haut des tribunes, emmitouflées dans leur tenue bleu turquoise immanquable, Alina Komashchuk et Olena Kravatska étaient en plein débriefing, seules dans leur bulle. Le fond, la forme, tout était analysé avec leurs entraîneurs, l’esprit totalement tourné vers la compétition. L’annonce du CIO d’autoriser les sportifs russes et biélorusses à participer sous bannière neutre aux JO de Paris 2024 venait tout juste de tomber. « Quelle annonce ? », demandait d’abord Komashchuk en réponse à notre interrogation, en s’empressant de vérifier sur son téléphone.

Une fois la nouvelle encaissée, la première réaction de la sabreuse de 30 ans, 106e mondiale, voulait tout dire. « Quelle surprise, se contentait-elle, le visage fermé, l’air désabusé. Depuis des mois, tout est fait pour qu’ils participent aux Jeux. Ce n’est pas une surprise, on s’y attendait. Mais on ne comprend pas la raison de cette décision. Qu’est-ce qui a changé ? On nous parle de paix. Mais de quelle paix exactement quand un athlète soutient la guerre ? Pour nous, ce n’est que de la peine, il y a la guerre dans notre propre pays. Pour eux, tout est normal. Ils peuvent soutenir la guerre et participer aux compétitions internationales. On ne peut rien changer. »

« On s’y attendait mais on ne nous a pas prévenues. »

Assise à sa gauche, toute aussi marquée, Kravatska (31 ans, 123e) peinait à trouver ses mots, mais n’en pensait pas moins. « C’est injuste. On s’y attendait mais on ne nous a pas prévenues, on n’en savait rien. On a vu ce que ça a donné aux Mondiaux, on verra pour les Jeux. » Une référence aux Championnats du monde à Milan, en juillet dernier, où leur coéquipière Olga Kharlan avait été disqualifiée après sa victoire au premier tour pour avoir refusé de serrer la main de son adversaire russe, Anna Smirnova.

La star ukrainienne (33 ans), exemptée de tableau préliminaire hier grâce à son statut de 7e sabreuse mondiale, et ses deux coéquipières, vice-championnes olympiques par équipes ensemble à Rio en 2016, seront les trois représentantes de leur pays aujourd’hui sur les pistes d’Orléans, pendant que chez les hommes comme chez les femmes, aucun athlète russe n’a fait le déplacement.

Sur les six étapes de Coupe du monde au programme, ils ne sont « que » douze : onze au fleuret femmes à Novi Sad (Serbie) et un au fleuret hommes à Tokoname (Japon). Alors qu’en escrime la qualification olympique se joue principalement par équipes, ce qui restreint de fait les espoirs russes de voir Paris, leur présence pourrait passer par une participation au TQO européen organisé au Luxembourg en avril. Les sabreuses ukrainiennes, elles, sont pour le moment virtuellement qualifiées. C’est déjà ça de pris.

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.