Quand on parle d’ambiguïté politique en France, c’est souvent pour citer le cardinal de Retz : « On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment. » A Washington, c’est souvent pour évoquer l’« ambiguïté stratégique » de la politique américaine vis-à-vis de Taïwan depuis des décennies, Washington prenant soin de rester dans le flou sur ce que serait sa réaction à un conflit ouvert avec la Chine.
Taïwan : la poudrière qui pourrait enflammer le monde
Lundi 23 mai, certains ont eu l’impression qu’en sortant de cette « ambiguïté stratégique » à l’américaine, Joe Biden offrait une illustration parfaite de la phrase du cardinal. Ou plutôt, comme l’écrit Chris Cillizza, un commentateur de CNN, qu’il a encore « mis le pied dedans » – en clair, qu’il a gaffé. En réponse à la question d’un journaliste – « Vous n’avez pas voulu vous impliquer militairement dans le conflit ukrainien pour des raisons évidentes. Etes-vous prêt à vous impliquer militairement pour défendre Taïwan si cela devait arriver ? » –, le président américain a répondu : « Oui. C’est l’engagement que nous avons pris. »
Panique dans les chancelleries ! Est-ce la fin d’un face-à-face savamment diplomatique d’un demi-siècle, et le début d’une escalade dangereuse entre deux superpuissances nucléaires ? Mais d’abord, s’agit-il vraiment d’une gaffe ? Rien n’est moins sûr, malgré les assurances vite données par des responsables du State Department, précisant que la doctrine américaine sur Taïwan « n’a pas changé ». « La politique n’
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