« Une forte probabilité de restriction de l’internet pour contenir les manifestations ». C’est l’accusation de l’Association des blogueurs de Guinée lancée au gouvernement après avoir constaté de grandes difficultés d’accès aux réseaux sociaux le jour de la mobilisation des Forces vives.
Une censure numérique utilisée depuis plusieurs années par les gouvernements successifs, selon le président d’Ablogui Alfa Diallo. « À chaque fois qu’il y a des grandes manifestations qui sont prévues, les autorités adoptent des stratégies visant à empêcher les citoyens de s’exprimer sur les réseaux sociaux et pour nous, cela est honteux, affirme-t-il. Non seulement la charte de la transition que le CNRD, qui est au pouvoir, a lui-même adopté, mais aussi à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples, mais aussi à la déclaration universelle des droits de l’homme ».
L’accès à des sites d’information perturbé
Mais chose inédite cette fois-ci, plusieurs médias ont également vu l’accès à leurs sites web fortement perturbés. Dans un message commun, les associations professionnelles de presse dénoncent « des actions liberticides engagées par l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications ».
Les médias condamnent également la saisie des émetteurs de deux stations de radios le jour de la manifestation. « Deux journalistes ont été agressés sur le terrain par des militaires. On cherche toujours à cacher quelque chose parce que si les sites qui sont prompts à donner des informations fonctionnent bien, ils vont relayer des bavures », estime Sékou Jamal Pendessa, le secrétaire général du Syndicat des professionnels de presse en Guinée.
Dans un rapport, le Syndicat constatait au premier trimestre 2023, sept fois plus d’actes liberticides envers la presse par rapport à la même période l’an dernier.
Jamais un agent n’a été poursuivi ici pour avoir agressé un journaliste. La seule chose qui différencie le régime de Mamadi Doumbouya de celui d’Alpha Condé, c’est la prison.
Sékou Jamal Pendessa, Secrétaire général du Syndicat des professionnels de presse en Guinée
Le ministre des Postes et Télécommunications et porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, reconnait des perturbations sur Internet, mais l’attribue à un problème technique lié au câble sous-marin qui connecte le pays au web. Le ministre a également démenti la saisie des émetteurs radio, avant de menacer de fermeture « tout média qu’il soit une radio, une télévision ou un site internet qui, avec des propos qui sont de nature à saper l’unité nationale, à attiser la haine communautaire, à soulever les uns contre les autres pour conduire à des drames dans notre pays ».
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