Un Américano-Haïtien accusé d’avoir participé à l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse en 2021 a été condamné vendredi en Floride à la réclusion criminelle à perpétuité.
Joseph Vincent, 58 ans, était jugé par un tribunal fédéral de Miami. Initialement arrêté en Haïti, il avait été extradé en janvier 2023 aux États-Unis pour répondre de cet assassinat.
Jovenel Moïse avait été abattu par un commando armé dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 dans sa résidence privée à Port-au-Prince, sans que ses gardes du corps interviennent. Sa mort avait encore aggravé le chaos dans ce petit pays pauvre des Caraïbes.
La justice américaine a ensuite lancé des poursuites contre 11 personnes accusées d’être mêlées à cet assassinat au motif que le complot avait été ourdi en Floride.
Quatre d’entre elles ont été condamnées à la prison à vie, dont Joseph Vincent, qui avait plaidé coupable en décembre.
Vendredi, il a comparu en combinaison de détenu. S’adressant au public, il a déclaré : S’il vous plaît, pardonnez-moi pour ce que j’ai fait.
Selon le quotidien Miami Herald, le condamné avait dans le passé travaillé comme indicateur de la DEA, l’agence fédérale américaine de lutte contre le trafic de drogue.
Les autres accusés condamnés à la réclusion à perpétuité dans ce dossier sont un ancien sénateur haïtien, Joseph Joel John, un homme d’affaires de nationalités haïtienne et chilienne, Rodolphe Jaar, et un militaire colombien à la retraite, German Rivera.
En octobre, le Conseil de sécurité des Nations unies avait donné son feu vert à l’envoi d’une force multinationale dirigée par le Kenya. (Photo d’archives)
Photo : Getty Images / RICHARD PIERRIN
La violence toujours omniprésente
Par ailleurs, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a indiqué que le mois de janvier a été le plus violent depuis plus de deux ans
en Haïti.
Le Haut-Commissariat précise qu’au moins 806 personnes ont été tuées, blessées ou kidnappées en janvier et que quelque 300 membres de gangs ont également été tués ou blessés, soit un total de 1108 personnes, trois fois le nombre enregistré en janvier 2023.
La situation déjà désastreuse des droits de la personne s’est encore détériorée dans un contexte de violence incessante et croissante des gangs, avec des conséquences désastreuses pour les Haïtiens.
Chaque jour qui passe, de nouvelles victimes sont recensées. Aujourd’hui plus que jamais, les vies des Haïtiens dépendent du déploiement, sans plus tarder, de la Mission multinationale de soutien à la sécurité en Haïti [MSS] pour soutenir la police nationale et pour assurer la sécurité de la population haïtienne dans des conditions conformes aux normes et aux standards en matière de droits de la personne
, a-t-il déclaré.
Graves impacts
M. Türk a aussi insisté sur les impacts de cette nouvelle vague de violence sur l’économie haïtienne et sur la propagation de l’insécurité alimentaire.
La forte inflation due à l’extorsion et aux barrages routiers a privé des millions d’Haïtiens de produits de base, a-t-il indiqué dans un communiqué.
Plus de 313 000 personnes ont été contraintes de fuir leur foyer. Beaucoup ont cherché refuge dans des sites surpeuplés et insalubres, ce qui affecte leur capacité à obtenir des services de santé et d’éducation
, souligne le communiqué de l’ONU.
Même si l’amélioration de la situation sécuritaire est une condition préalable pour briser le cycle des crises en Haïti, la stabilité à long terme ne sera atteinte qu’en s’attaquant aux causes profondes non seulement de la pauvreté et de la discrimination sociale et économique, mais aussi de la corruption.
À la violence endémique des gangs viennent s’ajouter, ces derniers jours, de violents affrontements entre la police et des manifestants qui réclament le départ du chef du gouvernement, Ariel Henry.
Selon un accord conclu en décembre 2022 après l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, l’actuel premier ministre devait organiser des élections et laisser le pouvoir le 7 février 2024 à de nouveaux élus.
Aucun scrutin n’a eu lieu depuis 2016 dans ce petit pays des Caraïbes et la présidence reste vacante.
Entre le 20 janvier et le 7 février, au moins 16 personnes ont été tuées et 29 autres blessées, principalement lors d’affrontements entre manifestants et policiers, précise l’ONU.
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