La République dominicaine a rapatrié 224 614 Haïtiens en 2023

Pas de moins de 224 614 ressortissants haïtiens ont été rapatriés par la République dominicaine entre janvier et novembre 2023, selon les données publiées par le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) ce lundi 18 novembre. 

Les activités migratoires entre Haïti et la République dominicaine ont connu une croissance significative au cours de l’année 2023, notamment au début du troisième trimestre, marqué par la construction d’une prise au niveau de la rivière Massacre à Ouanaminthe et les mesures de rétorsion adoptées par les autorités dominicaines en réponse à cette initiative haïtienne. 

Depuis lors, le flux de rapatriements, de retours volontaires et de refoulements, n’a cessé de s’intensifier. Selon le rapport partiel du GARR couvrant la période de janvier à novembre 2023, le nombre total de ressortissants haïtiens rentrés au pays s’élève à 492 140, répartis entre 224 614 rapatriés, 216 030 retours spontanés et 51 496 refoulés, parmi lesquels 8 147 femmes enceintes et 16 813 mineurs non-accompagnés.

Le GARR signale également 23 147 cas de déportations, 29 655 retours volontaires et 7 924 cas de refoulement enregistrés au cours du seul mois de novembre. Parmi ces derniers, on compte 31 560 hommes, 18 577 femmes (dont 1 408 femmes enceintes), 5 802 garçonnets, 4 787 fillettes et 3 419 mineurs non-accompagnés.

L’organisation dénonce les conditions inhumaines entourant les vagues de rapatriements, qui ne font que s’aggraver à chaque déportation. Les migrants sont appréhendés à tout moment, subissent des mauvais traitements physiques, des viols, la destruction de leurs pièces d’identité lors de leur capture, et sont souvent emprisonnés.

Selon Sam Guillaume, responsable de la communication et du plaidoyer du GARR, «les forces de l’ordre dominicaines recourent fréquemment à un usage excessif de gaz lacrymogène contre les citoyens haïtiens. Lors de leurs arrestations, ils sont battus avec des bâtons ou des armes à feu, traqués jour et nuit, et contraints de se cacher chez eux. Ils n’ont pas accès aux soins de santé, même dans des situations d’urgence comme les femmes en travail. Les agents retirent les malades haïtiens de leur lit d’hôpital pour les jeter en prison. »

Parallèlement aux déportations de l’autre côté de l’île, le GARR informe que les gardes-côtes américaines ont intercepté, au cours de l’année 2023, 5 100 migrants haïtiens tentant clandestinement de rejoindre les États-Unis à bord de bateaux. Ces migrants ont été rapatriés après leur arrestation.


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