la République dominicaine envoie un ultimatum à Haïti suite à la construction d’un canal d’irrigation
La République dominicaine menace de fermer complètement la frontière avec Haïti et de suspendre la délivrance de visas aux citoyens haïtiens. En cause ? La construction par les Haïtiens d’un canal d’irrigation alimenté par une rivière que les deux pays se partagent. C’est un canal dont la construction a été décidée et lancée par le président Jovenel Moïse, assassiné en juillet 2021. L’eau de la rivière Massacre devrait irriguer 3 000 hectares de terres très fertiles dans la plaine de Maribarou, dans le nord-est d’Haïti. Ces travaux étaient d’ailleurs financés par le Trésor public à hauteur de 50 millions de gourdes, environ 350 000 euros. Et à l’époque déjà, ce projet avait suscité de vives tensions, car les agriculteurs et éleveurs dominicains craignaient que le canal côté haïtien n’entrave leur production.
Depuis plusieurs jours, ce sont des paysans haïtiens qui ont recommencé à creuser pour faire venir de l’eau dans leurs champs et ainsi espérer de futures récoltes. Et ce canal d’irrigation fait parler de lui dans la presse dominicaine. « Le gouvernement dominicain donne 48 heures à Haïti pour que le conflit soit résolu », titre ce matin le Listin Diario, faute de quoi, les frontières terrestres, maritimes et aériennes seront définitivement fermées et les visas pour les Haïtiens, suspendus – bien que, écrit le journal Hoy, « 85% des Haïtiens ou résidents d’Haïti qui voyagent à l’étranger le font via les aéroports et ports dominicains ». Le Nacional rapporte de son côté les propos du président de la République dominicaine, Luis Abinader : « La situation avec Haïti est ingouvernable », dit-il. Il appelle « au dialogue » et précise que « toutes les solutions seront envisagées ». « Car ce projet de canal, estime El Caribe, viole clairement l’article 10 du Traité de paix, d’amitié et d’arbitrage entre la République dominicaine et la République d’Haïti. »
Le principal problème avec Haïti, affirme un éditorialiste dominicain du Nuevo Diario, « c’est que les mesures doivent être unilatérales ». Tout simplement, écrit-il, car il n’y « aucune autorité légitime pour discuter raisonnablement des problèmes communs en tant que nations voisines ». Si une chose est certaine à ce stade, précise l’éditorialiste, c’est que les activités économiques et sociales des deux pays seront inévitablement affectées par cette fermeture de frontière et la fin des visas : « C’est une question cruciale et j’espère que nous ne la politiserons pas », conclut-il. « Le gouvernement dominicain n’y est pas allé de main morte », estime de son côté le quotidien haïtien Le Nouvelliste.
C’est donc un défi supplémentaire pour Ariel Henry, le Premier ministre : les autorités haïtiennes ont réitéré à plusieurs reprises leurs désaccords avec la construction du canal, mais dans le même temps, rappelle le quotidien haïtien, « le gouvernement a admis à plusieurs reprises qu’il n’avait pas la capacité de résoudre les conflits internes ».
Le gouvernement haïtien inaugure deux écoles dans le pays
Et « sur fond de tension », rapporte le Nouvelliste, qui décrit le cortège chahuté du Premier ministre à son arrivée à Jérémie, dans le département de l’Ouest : les véhicules qui essuient des jets de pierres ou de bouteilles, les pneus brûlés sur les tronçons de route, et l’évacuation in extremis d’Ariel Henry. La rentrée des classes, c’était hier, mais tout le pays n’est pas concerné de la même manière : dans les rues de Port-au-Prince, « les écoles publiques ont tout simplement chômé », synthétise là encore Le Nouvelliste. « Pas un seul écolier en uniforme », décrit un journaliste qui s’est rendu dans plusieurs établissements scolaires de l’agglomération de Port-au-Prince, où les « portes étaient grandes ouvertes mais les activités d’apprentissage n’étaient pas au rendez-vous ».
En Colombie, un nouveau record battu en termes de production de cocaïne
Le pays garde ainsi son titre de premier producteur mondial de poudre blanche. C’est à découvrir dans El Tiempo qui se demande d’où vient cette augmentation de cocaïne et de cultures de feuilles de coca, +13 % en 2022 selon l’ONU.
Le quotidien colombien fait un état des lieux des départements concernés, en se focalisant sur le Putumayo, au sud du pays. « Si la production s’est consolidée dans cette région », apprend-on dans le quotidien, cela est dû à la proximité de la frontière avec l’Équateur, où coexistent des groupes armés qui se livrent une guerre territoriale pour le contrôle du narcotrafic : « Le terreau idéal pour l’établissement et l’entretien des plantations de feuilles de coca, et leur transformation ». Et la situation est la même dans les départements frontaliers avec le Venezuela.
El Colombiano analyse de son côté la politique du gouvernement colombien et son nouveau plan de lutte contre le trafic de drogue. Gustavo Petro ne cesse de rappeler qu’il veut ainsi éliminer la dépendance des agriculteurs, particulièrement les petits agriculteurs, en leur donnant « de l’oxygène » et qu’il « asphyxiera » les trafiquants. « Mais quelle est l’efficacité de cette mesure ? », se demande le quotidien. Au moins, « il y a une différence fondamentale entre cette politique et les précédentes », note la directrice du Centre d’études sur la sécurité et les drogues de l’université de Los Andes, interrogée par le quotidien, « puisqu’elle cesse de persécuter le petit cultivateur et propose une politique globale de transformation territoriale, en incluant la question environnementale comme axe central et recherchant un leadership international pour débattre de la guerre contre la drogue ».
Au Brésil, la presse revient sur les fréquentations du président Lula
« Pourquoi Lula insiste-t-il sur la flatterie des tyrans ? », titre un éditorialiste du journal Folha de Sao Paulo qui revient sur ses récents échanges avec Vladimir Poutine. Quelques jours auparavant, dans un entretien diffusé sur une chaîne indienne, le président brésilien « avait déclaré qu’il inviterait Poutine » au prochain sommet du G20 en 2024 et que le chef du Kremlin, sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre en Ukraine, ne serait pas interpellé. Lula a fait marche arrière en assurant qu’il appartiendrait à la justice de décider.
Mais « la question est plus profonde : qu’avons-nous à gagner de ce genre de manifestation de Lula ? En quoi ce désordre nous profite-t-il ? Créons-nous un climat plus amical avec Poutine et les groupes qui le soutiennent ? Lula est-il prêt à se dissocier des droits de l’homme ? », se demande l’éditorialiste. « Nous n’avons rien appris de l’embarras qu’ont représenté nos relations amicales avec l’Iran en 2009. Nous avons été gênés de relativiser sa négation de l’Holocauste et l’homophobie de son gouvernement. Et nous n’avons rien gagné », conclut-il.
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