La situation en Haïti est « horrible » et « presque sortie d’une scène de « Mad Max » », film qui dépeint un futur post-apocalyptique, a affirmé ce dimanche 17 mars 2024 la directrice générale de l’Unicef, alors que ce pays pauvre des Caraïbes est confronté à la violence des gangs.
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« Beaucoup, beaucoup, de personnes souffrent gravement de la faim et de la malnutrition, et nous ne parvenons pas à leur apporter suffisamment d’aide » a déclaré Catherine Russell dans une interview à la chaîne américaine CBS, dans des citations relevées par l’Agence France-Presse.
Haïti et notamment sa capitale Port-au-Prince sont le théâtre d’une flambée de violences des gangs ces dernières semaines, alors que les Haïtiens attendent l’instauration d’un conseil présidentiel de transition après l’annonce de la démission du Premier ministre contesté Ariel Henry, qui expédie désormais les affaires courantes.
Les gangs au contrôle
Ce dimanche, le couvre-feu a été prolongé jusqu’à mercredi dans le département de l’Ouest, qui comprend Port-au-Prince. L’état d’urgence doit prendre fin le 3 avril.
Le Kenya, qui doit déployer un millier de policiers dans le cadre d’une mission multinationale de sécurité, a annoncé suspendre l’envoi de ses hommes, mais a assuré qu’il interviendrait une fois un conseil présidentiel installé.
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Les gangs contrôlent des pans entiers du pays, particulièrement 80 % de la capitale et sont accusés de nombreuses exactions, en particulier meurtres, viols et enlèvements contre rançon.
L’aide humanitaire pillée
« D’une façon ou d’une autre, nous devons prendre davantage le contrôle de la situation, de manière à faire entrer l’aide » en Haïti, a plaidé Catherine Russell ce samedi, citant la litanie de catastrophes qui ont touché le pays depuis près de 15 ans : « tremblements de terre, choléra, covid… ». La situation actuelle « est la pire que quiconque ait vue depuis des décennies », a-t-elle ajouté.
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Alors que l’aéroport de Port-au-Prince reste fermé, la mission de l’Onu en Haïti a annoncé ce mercredi la mise en place le plus tôt possible d’un « pont aérien » entre Haïti et la République dominicaine voisine par hélicoptère, notamment pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire.
Le port principal de la capitale est également à l’arrêt depuis le 7 mars, face à des actes « de sabotage et de vandalisme » selon son opérateur, compliquant l’acheminement d’aide internationale, décrit l’Agence France-Presse. Un container de l’Unicef, « comprenant des fournitures cruciales de santé maternelle, néonatale et infantile », a été pillé samedi dans ce port, a annoncé l’agence de l’Onu dans un communiqué.
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