Plus puissant fleuve français, le Rhône prend sa source dans un glacier qui porte son nom dans les Alpes suisses, avant de se jeter dans le lac Léman pour entrer ensuite en France. Parce qu’il se situe à l’embouchure du Léman, le canton de Genève gère, via un barrage, le débit du fleuve en fonction de ses propres besoins en hydroélectricité et du respect des niveaux de lac définis dans le cadre d’un accord intercantonal suisse dont l’origine remonte à 1884.
Mais en janvier 2012, à la suite d’un épisode de sécheresse l’année précédente, la France a demandé à la Suisse de construire un cadre pour la gestion intégrée de l’eau entre les deux pays. Ces discussions ont abouti à la publication de l’étude universitaire GouvRhône, menée de 2013 à 2015, détaillant différents scénarios de gouvernance possibles. Et le 23 août, la Suisse s’est donc dite « prête à négocier avec la France un accord franco-suisse sur la régularisation du lac Léman », qui est la plus grande réserve d’eau douce d’Europe occidentale.
« Face aux changements climatiques, l’accord franco-suisse permettra d’améliorer les échanges d’information. Il se basera sur les prévisions au vu des risques pour les personnes et les biens et des possibles atteintes aux usages fondamentaux », indique le gouvernement suisse. Selon Berne, « des concertations seront déclenchées entre les deux pays lorsque certaines limites seront atteintes afin de gérer ensemble ces situations ».
Le débit du fleuve en constante diminution
Même sans glacier, le Rhône ne va pas se retrouver à sec du jour au lendemain. Ne serait-ce que parce que les régions alpines vont continuer à recevoir des précipitations plus abondantes qu’ailleurs. Mais c’est un fait que le débit du fleuve diminue de manière constante, moins 7% déjà depuis les années 1960 a sa sortie du lac Léman, rapporte notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche. Et la tendance est à l’accélération de ce phénomène.
Les conséquences pour la France sont importantes: pour les besoins des ménages, pour les agriculteurs, pour l’industrie et pour les quatre centrales nucléaires qui refroidissent leurs réacteurs avec l’eau du Rhône.
À lire aussiEnvironnement: la raréfaction de l’eau en Suisse
(et avec AFP)
Crédit: Lien source


Les commentaires sont fermés.