la technologie de frappe au clavier rvle son manque de productivit en tltravail. Elle fait appel devant la Commission du travail sans succs


Une femme australienne, qui travaillait pour une compagnie dassurance, a perdu son emploi, auquel elle a consacr 18 ans de sa vie, aprs que sa firme a utilis une technologie de frappe au clavier pour surveiller sa performance en tltravail. Selon le New York Post, Suzie Cheikho, consultante pour Insurance Australia Group (IAG), a t licencie pour ne pas avoir tap assez en travaillant distance. La Commission du travail quitable (FWC) dAustralie a rejet sa demande de licenciement injuste , estimant quelle avait t renvoye pour une raison valable de faute professionnelle .

Une grande compagnie d’assurance a utilis la technologie de frappe sur l’ordinateur portable de travail d’un employ pour vrifier si elle travaillait ses heures dsignes… et cela s’est trs mal pass pour elle.

La Fair Work Commission (FWC) a rejet une demande de licenciement abusif dpose par l’ancienne consultante d’Insurance Australia Group (IAG), Suzie Cheikho, estimant qu’elle avait t licencie pour une raison valable d’inconduite .

Selon les conclusions publies par la commission, Cheikho tait responsable de la cration de documents d’assurance, du respect des dlais rglementaires et de la surveillance de la conformit du travail domicile , entre autres rles importants.

Ironiquement, sa propre performance de travail domicile a marqu la fin de sa carrire de 18 ans au sein de l’entreprise.

Selon les conclusions du FWC, Cheikho a t licenci le 20 fvrier pour avoir manqu les dlais et les runions, t absente et injoignable et ne pas avoir termin une tche qui a amen le rgulateur du secteur infliger une amende IAG.

Un mois plus tard, Cheikho a affirm au FWC que son employeur avait un plan prmdit pour la retirer de l’entreprise et qu’elle tait cible en raison de ses problmes de sant mentale .

En tltravail, elle ne frappait pas suffisamment sur les touches de son clavier

Selon les conclusions en ligne, Cheikho a reu un avertissement officiel en novembre 2022 concernant sa production et a t mise sur un plan d’amlioration des performances. Elle a fait l’objet d’un examen dtaill de la cyberactivit, qui a analys le nombre de fois qu’elle a appuy physiquement sur son clavier pendant 49 jours ouvrables d’octobre dcembre. L’examen a rvl qu’elle n’avait pas effectu ses heures de travail pendant 44 jours, commenc tard 47 jours, termin tt 29 jours et effectu zro heure de travail pendant 4 jours.

Les jours o elle s’est connecte, elle avait une activit de frappe trs faible et n’a enregistr aucune frappe sur 117 heures en octobre, 143 heures en novembre et 60 heures en dcembre.

Elle a fait en moyenne 54 frappes par heure pendant la dure de sa surveillance, ce qui a montr qu’elle ne se prsentait pas au travail et n’effectuait pas le travail requis .

Lors d’une runion officielle sur l’examen, Cheikho a dclar qu’elle ne croyait pas une minute que les donnes taient vraies, mais n’a montr aucune preuve qu’elle avait t en ligne et qu’elle travaillait alors que le rapport montrait qu’elle ne l’avait pas fait. Parfois, la charge de travail est un peu lente, mais j’ai toujours travaill , a-t-elle dclar ses responsables, selon les conclusions du FWC. Je veux dire, je peux aller dans les magasins de temps en temps, mais ce n’est pas pour toute la journe. Je dois prendre un peu de temps pour y rflchir et je vais proposer une rponse .

Dans une rponse crite, Cheikho a dclar qu’elle avait examin les donnes pour chercher une explication pour les heures manquantes, mais ne se souvient vraiment pas pourquoi ni comment c’est si bas . J’ai essay de parcourir les e-mails et les messages pour voir si je peux l’expliquer , a-t-elle crit. J’ai travers de nombreux problmes personnels qui ont caus un dclin de ma sant mentale et malheureusement, je pense que cela a affect mes performances et mon travail .

Cheikho a dclar qu’elle avait toujours commenc l’heure mais qu’elle avait quelques choses grer en raison d’une blessure. Elle a affirm qu’elle a envoy des messages aux quipes pour informer les responsables lorsqu’elle avait des rendez-vous mdicaux et qu’elle rattraperait le temps par la suite . Elle a dit qu’elle tait confuse et choque par les donnes, doutait de leur exactitude et a dclar qu’elle utilisait d’autres appareils que son ordinateur portable pour se connecter lorsqu’elle avait des problmes de systme .

Selon la dcision du FWC, Cheikho a assist une runion Microsoft Teams avec son manager concernant sa performance avec le mot F k crit sur sa main.

Le vice-prsident du FWC, Thomas Roberts, a statu que les preuves montraient que Cheikho ne travaillait pas comme elle tait tenue de le faire pendant ses heures de travail dsignes pendant qu’elle tait surveille. Il a constat que Cheikho ne pouvait pas fournir une explication crdible des donnes ses employeurs ou tout au long de la procdure FWC.

Roberts a crit que si Cheikho a dclar qu’elle utilisait son tlphone pour certaines tches, son employeur avait montr la ncessit pour elle d’utiliser son ordinateur portable pour accomplir ses tches. Le demandeur a t licenci pour un motif valable d’inconduite , a crit Roberts. Je ne doute gure que les facteurs sous-jacents la dconnexion du demandeur du travail taient srieux et rels .

La situation tait regrettable compte tenu de la longue priode de service satisfaisant de Cheikho, a crit Roberts.

Nanmoins [] je suis convaincu que le licenciement du requrant n’a pas t dur, injuste ou draisonnable.

La demande du requrant est donc rejete .

Un cas qui pourrait tre utilis par les opposants au tltravail

Le tltravail ne fait pas lunanimit parmi les employeurs et les salaris. Certains y voient une source de problmes et de risques, et peuvent se servir du cas de Mme Cheikho comme exemple pour sopposer au travail distance. Quels sont les arguments des opposants au tltravail ?

Pour les employeurs :

  • Une perte de contrle : certains employeurs craignent de ne pas pouvoir superviser efficacement le travail de leurs salaris distance, et de ne pas pouvoir dtecter les ventuels abus ou fraudes. Ils peuvent se sentir dpossds de leur autorit et de leur pouvoir, et avoir du mal faire confiance leurs collaborateurs. Le cas de Mme Cheikho illustre bien cette mfiance, puisque son employeur a utilis une technologie de frappe au clavier pour surveiller son activit sur son ordinateur.
  • Une baisse de la qualit : certains employeurs redoutent que le tltravail nuise la qualit du travail fourni par leurs salaris, en raison dun manque de communication, de coordination, de feedback ou de formation. Ils peuvent aussi craindre que le tltravail entrane une perte de comptences ou de savoir-faire, ou que les salaris se dconnectent des objectifs et des valeurs de l’entreprise
  • Une difficult dvaluation : certains employeurs estiment quil est plus difficile dvaluer la performance et la contribution des salaris en tltravail, et quil faut donc mettre en place des indicateurs spcifiques et adapts. Ils peuvent aussi penser que le tltravail rend plus compliqu le management des quipes, la gestion des conflits, la motivation des collaborateurs ou la reconnaissance du travail accompli.

Pour les salaris :

  • Une perte de lien social : certains salaris regrettent le contact humain et lambiance de travail quils avaient au bureau, et se sentent isols ou exclus en tltravail. Ils peuvent aussi avoir limpression de ne plus appartenir une communaut ou une culture dentreprise, et de perdre le soutien ou la solidarit de leurs collgues.
  • Une dgradation des conditions de travail : certains salaris souffrent dun manque dquipement, despace ou dergonomie pour travailler chez eux, et doivent faire face des contraintes techniques, logistiques ou environnementales. Ils peuvent aussi subir une pression accrue, une charge de travail excessive ou une intrusion dans leur vie prive en tltravail.
  • Une difficult dorganisation : certains salaris ont du mal grer leur temps, planifier leurs tches, respecter leurs horaires ou fixer leurs priorits en tltravail. Ils peuvent aussi prouver des difficults concilier leur vie professionnelle et leur vie personnelle, faire respecter leur droit la dconnexion ou prserver leur quilibre psychologique en tltravail.
  • Une difficult dorganisation : certains salaris ont du mal grer leur temps, planifier leurs tches, respecter leurs horaires ou fixer leurs priorits en tltravail. Ils peuvent aussi prouver des difficults concilier leur vie professionnelle et leur vie personnelle, faire respecter leur droit la dconnexion ou prserver leur quilibre psychologique en tltravail.

Source : dcision de la Fair Work Commission

Et vous ?

Que pensez-vous de lutilisation de la technologie de frappe au clavier pour surveiller le travail domicile ? Pour ou contre ce type d’valuation pour des personnes en tltravail ?

Quels autres outils pour mesurez la productivit des tltravailleurs connaissez-vous ? Sont-ils efficaces selon vous ? Pourquoi ?

Avez-vous dj t confront une situation similaire celle de Mme Cheikho ?

Quelles sont les mesures que vous prenez pour rester productif et motiv lorsque vous travaillez domicile ?

Quels sont les avantages et les inconvnients du tltravail selon vous ?

Comment trouvez-vous lquilibre entre votre vie professionnelle et votre vie personnelle lorsque vous travaillez domicile ?

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