Publié le 25 oct. 2023 à 8:30
Donner une identité numérique aux produits pour mieux les tracer et développer l’économie circulaire. C’est l’objet de la technologie innovante portée par la jeune entreprise EnCaps, créée en 2022 à Montpellier (Hérault), qui arrive à point nommé. La Commission européenne va rendre obligatoire, à l’horizon 2026, un passeport numérique pour les produits dans des secteurs polluants comme les batteries électroniques et le textile, ou liés à la mobilité tels que les vélos électriques, ainsi que les oeuvres d’art.
Selon l’entreprise, cette technologie permet aux fabricants « de prouver leur bonne foi aux consommateurs, en apportant des informations sur les procédés de fabrication et les matières premières ». Pour développer sa solution brevetée, la société vient de lever 1,6 million d’euros auprès de Bpifrance (50 %) et de business angels (50 %) : Christophe Carniel (Vogo), Régis Bonnessée (Libellud), Pierre Ortolan (Asmodee Group), Jérémy Zeler-Maury (Midgar Studio) et Gaël Bonnafous (serial entrepreneur dans le jeu vidéo).
Un double code
Le principe ? Le passeport numérique d’EnCaps consiste à apposer sur les objets physiques, sous la forme d’un tag, un QR code augmenté, composé d’un code standard et d’un code propriétaire. Le premier sert à rediriger l’utilisateur vers une page web, et le second fait usage de double facteur d’authentification, par exemple pour l’acquisition d’un bien.
« La technologie est inviolable, avec une chance sur 1,18 trillion de combinaisons, et impossible à prédéterminer », détaille Pascal Jardé, président et cofondateur d’EnCaps.EnCaps
« Cette combinaison assure son décodage pour tout smartphone connecté à Internet, sans téléchargement d’application. La technologie est inviolable, avec une chance sur 1,18 trillion de combinaisons, et impossible à prédéterminer », détaille Pascal Jardé, président et cofondateur aux côtés de Vincent Anselmo et Antoine Janning. L’entreprise a mobilisé trois personnes pendant deux ans pour mettre au point cette solution SaaS (« Software as a Service »).
Premiers partenariats
Sur ce marché encore balbutiant, EnCaps cible les secteurs de la mobilité, du luxe, de l’art et du jeu vidéo. Avec des débouchés très concrets au quotidien : tracer les vélos volés ou sécuriser des clés de jeux vidéo pour éviter leur revente sur des marchés parallèles. Sur ce marché, un partenariat est conclu avec l’éditeur de jeux vidéo Plug In Digital. La technologie s’applique aussi aux transferts de propriété des oeuvres d’art. La société travaille ainsi à la mise en place de châssis « avec un passeport numérique gravé à même la toile. L’artiste pourra ainsi bénéficier des services associés à l’exposition de son oeuvre et de sa vente », précise Pascal Jardé.
Autre exemple, Bee.Cycle , qui propose un service de vélos de fonction et de location longue durée pour les entreprises, figure parmi les premiers clients, afin d’avoir une traçabilité du bon fonctionnement des services qui englobent la préparation, la livraison, l’agenda des révisions… Un acteur du secteur automobile teste aussi cette solution novatrice pour garantir les carnets d’entretien des véhicules.
A terme, l’un des rôles du passeport numérique des produits sera de soutenir l’économie circulaire. « Les propriétaires d’un produit pourront revendiquer de percevoir la consigne lorsqu’il reviendra au fabricant », souligne le dirigeant. EnCaps, qui reste discret sur son chiffre d’affaires, emploie 8 salariés et compte doubler son équipe en 2024.
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