Dans le giron sportif bordelais, Jacques D’Arrigo est connu pour avoir été le directeur communication et marketing puis directeur à l’international des Girondins pendant plus de deux ans (de janvier 2018 à mars 2020). Il a ensuite été brièvement directeur général de l’UBB sur fond de Covid. Depuis, il a développé Footbar, société qui a breveté et commercialisé un capteur grand public permettant de collecter les données de performance athlétique et technique…
Dans le giron sportif bordelais, Jacques D’Arrigo est connu pour avoir été le directeur communication et marketing puis directeur à l’international des Girondins pendant plus de deux ans (de janvier 2018 à mars 2020). Il a ensuite été brièvement directeur général de l’UBB sur fond de Covid. Depuis, il a développé Footbar, société qui a breveté et commercialisé un capteur grand public permettant de collecter les données de performance athlétique et technique en football. L’entreprise compte aujourd’hui 32 collaborateurs et le résident bordelais est devenu en juin président de SporTech, collectif national regroupant « une centaine de start-up », avec la volonté de faire connaître le domaine. Il explique.
Quel est l’objectif de SporTech ?
Le but est de réunir tous les acteurs innovants du monde du sport dont le but est d’améliorer la pratique sportive et l’expérience des fans. Le sport est un terrain de jeu très important dans la société aujourd’hui pour la santé, la mixité, l’inclusion ; nous sommes à l’aube de grands événements sportifs en France avec la Coupe du Monde de rugby, les Jeux Olympiques 2024. Le mot Tech fait souvent peur au grand public qui ne sait pas toujours à quoi ça correspond, et on veut montrer qu’on peut avoir un rôle pour amener les gens au sport. Nous sommes convaincus que les Fédérations, les gros industriels, les fonds d’investissement, les investisseurs privés, le gouvernement peuvent travailler ensemble pour créer des passerelles, investir dans le domaine.
Qu’entendez-vous dans « Sportech » ?
Le mot est souvent lié au digital, mais pas seulement. Il y a trois grandes familles : le sport pro, avec la data, les objets connectés ; la partie amateur, où se situent par exemple des sociétés comme ReMatch à Bordeaux qui montrent des images des compétitions de tout niveau ; et l’expérience du spectateur, avec des sociétés comme Vogo qui permet la retransmission en réalité augmentée ou StadiumGo qui met en place des covoiturages pour aller dans les stades et réduire l’empreinte énergétique.
Que pesez-vous ?
En 2019, l’investissement dans la SporTech était de 1 % au niveau mondial. Trois ans plus tard, on est passé à 1,8 %. Ça reste petit mais ça augmente. En France, on est 7e secteur au volume cumulé de levées de fonds. On voit de plus en plus d’athlètes qui y investissent, à l’image de Raphaël Varane, Tony Parker qui a été un pionnier ou la nageuse Maria Metella. On reste très en retard par rapport à des pays comme les États-Unis ou l’Australie. Lors du salon VivaTech où pour la première fois un hall de 2000 m² était dédié au sport, on a pu parler avec la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra. On lui a rendu une note expliquant qu’on pouvait être porte-parole dans l’innovation du sport mais qu’il fallait nous aider à être plus visible. Emmanuel Macron a présenté un plan d’investissement de 900 millions d’euros dédié à l’intelligence artificielle, mais rien vers les start-up du sport, pourtant cause nationale en 2024.
L’ultra-connexion n’est-elle pas un risque d’individualisation du sport chez soi aux détriments des clubs et associations ?
Non, on le voit comme un facilitateur d’accès au sport. C’est un moyen pour toucher notamment les jeunes, car la technologie fait partie de leur quotidien. Le CNOSF (Comité national olympique et sportif) nous a conviés il y a quelques semaines à rencontrer les Fédérations. Ça a généré des actions : la Fédération française de football (FFF) a par exemple lancé avec son partenaire Volkswagen une action covoiturage avec Stadium Go pour un match de l’équipe de France ; la Fédération d’aviron s’est rapprochée de SportyPeppers, qui permet de faire du sport chez soi avec reconnaissance des mouvements du corps grâce au téléphone. Avec Footbar, on a signé une collaboration avec la Fédération de football des Pays-Bas qui a depuis plusieurs années un « Hub » d’innovation. Avec la FFF, c’est plus long.
Quels sont selon vous les domaines qui vont exploser dans les prochaines années ?
Le Web3, l’intelligence artificielle, la deep tech (start-up spécialisées dans la recherche en technologie de pointe) sont en vogue et peuvent continuer à révolutionner la pratique. À Bordeaux, le gymnase connecté de l’Université vient de sortir de terre. Bientôt, sur un terrain, un entraîneur amateur sera en mesure de connaître la position exacte de tous les joueurs sur le terrain sans caméra et pourra optimiser les déplacements. Tout ça va démocratiser le sport car ça amuse les gens. Et c’est porteur d’emplois car les jeunes cherchent aujourd’hui des secteurs où ils trouvent du sens.
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