« La télévision traditionnelle, socle de l’industrie américaine du divertissement, est en train de s’effondrer à vitesse accélérée »
Mauvais timing pour l’un, excellent pour l’autre. Ainsi vont les affaires. En concluant l’achat, en mars 2019, d’une bonne partie de l’empire télévisé de Rupert Murdoch pour la somme faramineuse de 71 milliards de dollars (66,67 milliards d’euros), Disney pensait réaliser l’affaire du siècle. En additionnant ses propres actifs, le groupe détenait d’un coup 30 % d’Hollywood et l’une des plus belles collections de chaînes de télévision au monde. Avec le recul, c’est le vieux renard australien qui a bien vendu. Car, depuis cette date, le monde de l’audiovisuel a connu le plus grand bouleversement de son histoire.
La télévision traditionnelle, socle de l’industrie américaine du divertissement, est en train de s’effondrer à vitesse accélérée au profit des plates-formes en ligne à la demande (streaming) comme Netflix. En juillet 2023, pour la première fois, elle a représenté moins de 50 % du temps d’audience devant les écrans. Le streaming a progressé de 25 % en un an quand le câble a perdu le quart de ses abonnés en dix ans.
La renégociation, en ce mois de septembre 2023, avec le distributeur Charter et ses 15 millions de foyers s’est mal passée. Après interruption des programmes, un accord a été trouvé au prix du sacrifice par Disney de huit chaînes familiales.
En revenant aux commandes de Disney en novembre 2022, Bob Iger a mesuré l’ampleur des dégâts. Dans une interview le 13 juillet sur la chaîne CNBC, il a reconnu qu’il était possible « que la télévision ne soit plus le cœur de l’activité de Disney », sous-entendant qu’il était prêt à se séparer d’une bonne partie de son empire, des centaines de chaînes et de stations dans le monde générant près de 25 milliards de dollars de revenus. En ce qui concerne son joyau ESPN, le réseau spécialisé dans le sport, il cherche un partenaire.
Suivre ce mouvement
Depuis le lancement de Disney+, en 2019, les choses se sont accélérées. Les uns après les autres, tous les types de programmes, y compris le sport, sont devenus disponibles sur les services de Netflix, Amazon, Apple, Disney, Paramount, Warner et tous les autres. C’est la télévision tout entière qui bascule sur ces plates-formes « délinéarisées » où, à tout moment, le téléspectateur peut avoir le choix de son programme sans changer de chaîne.
Disney doit suivre ce mouvement. Sa plate-forme engrange les abonnés mais perd de l’argent, à la différence de Netflix. Alors, comme ses homologues, elle augmente drastiquement les abonnements et a introduit la publicité. Et pour financer tout cela, Disney s’appuie sur son éternelle vache à lait, les parcs de loisirs. Depuis le confinement, ils ont retrouvé de la vigueur avec une fréquentation bien supérieure à celle d’avant la crise. A tel point que cette activité représente désormais un tiers de son chiffre d’affaires et surtout 80 % de ses bénéfices.
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