L’Accord Montana réagit à la résolution sur la mission multinationale

L’accord de Montana a réagit à l’adoption de la résolution 2699 rédigé par les Etats-Unis d’Amérique et l’Equateur pour le déploiement d’une mission multinationale de soutien à la sécurité en Haïti. Dans un communiqué de presse, l’accord qualifie ladite résolution de “résultat de tractations laborieuses et de compromis entre les puissances internationales”.

Selon les parties prenantes de l’accord de Montana, la résolution votée par le Conseil de sécurité des Nations unies le 2 octobre “reflète les réserves de certains acteurs étatiques ainsi que les mises en garde des organisations représentatives de la société civile”.

‘‘La séquestration du droit à l’autodétermination de la nation haïtienne par certains acteurs dominants de l’international, en violation de la charte même de l’ONU, a été l’objet de négociations diplomatiques qui ont abouti à l’engagement qui est pris de respecter la souveraineté, l’intégrité et l’unité territoriale de l’État et du peuple haïtien’’, poursuit l’accord dans son communiqué, s’interrogeant sur comment une force multinationale armée non-onusienne peut-elle intervenir dans un pays en garantissant sa souveraineté et son intégrité.

En outre, dans son communiqué, l’accord se vante d’être une initiative fondée sur la recherche d’une solution haïtienne à la crise multidimensionnelle que connaît le pays, qui a toujours dénoncé la volonté de certains acteurs locaux et internationaux de bloquer cette démarche de reconquête de notre souveraineté et de notre dignité de peuple.

‘‘Montana a sans cesse démontré que l’équipe au pouvoir qui n’a jamais rien fait pour freiner la descente aux enfers du pays ne jouit d’aucune crédibilité pour engager l’avenir de la Nation’’, renchérit l’accord, déplorant : ‘‘Le bilan de massacres, d’assassinats, de crimes de toutes sortes, d’impunité de ce pouvoir de facto indique clairement que l’insécurité, dans cette forme invivable, aggravée, est une construction politique permettant aux dirigeants actuels de perdurer au pouvoir et de prévenir toute velléité de la population d’exprimer ses revendications’’.

Plus loin, les signataires dudit accord croient que le gouvernement en place ne pourra jamais “traquer leurs fournisseurs locaux et internationaux” des gangs armés, se défaire “de ses accointances traditionnelles en vue de neutraliser les gangs de toute obédience”, encore moins rassurer les acteurs politiques et conduire le pays vers des réformes préalables à des élections non contestées.

Quant aux sanctions prises au niveau international l’international contre des membres du pouvoir en place ou des membres des secteurs économiques, politiques ou de groupes armés, l’accord souligne qu’aucune poursuite judiciaire n’a faite faite sur le plan international.

L’accord croit que la réalité actuelle donne la légitimité de “douter des velléités de cette mission de combattre l’insécurité et de soulager la population, si elle accepte de collaborer avec ceux-là mêmes qui ont précipité le démantèlement des institutions étatiques, aggravé le chaos et provoqué la désespérance de la population.”

Concernant l’intention de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, Montana qu’elle perd sa légitimité par le fait qu’elle soutienne “à bras le corps un régime de facto honni, de connivence avec des gangs qui terrorisent la population, héritier d’un coup d’état sanglant, fortement suspecté de crimes contre l’humanité, entache de doutes légitimes, voire de suspicion, même les meilleures dispositions contenues dans la résolution.”

Pour Montana, la question de l’insécurité est avant tout politique et procède de la collusion du pouvoir en place avec un certain secteur mafieux de l’économie criminelle transnationale, estimant que ‘‘la fin de l’impunité que suppose le divorce de l’appareil d’État, du personnel politique, des institutions d’avec ce secteur mafieux, constitue le préalable indispensable à la réussite de toute entreprise tendant sérieusement à sortir Haïti du chaos.’’

De ce fait, l’accord préconise l’avènement préliminaire d’un gouvernement de sauvetage national, issu d’un consensus suffisant, et formé de personnalités honnêtes, crédibles, compétentes, non partisanes jouissant de la confiance de la population, capables de mobiliser la réserve inépuisable d’énergie patriotique et civique du peuple haïtien, pour le relèvement du pays et de la société.

En conclusion, Montana dit croire que le pays a besoin de ce gouvernement de sauvetage national qui aura pour tâche de discuter avec les acteurs internationaux, qui sont parties prenantes de la crise haïtienne, les modalités de l’assistance nécessaire à l’État Haïtien pour qu’il assure ses missions régaliennes et mette fin à la souffrance de la population.


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