Les ministres allemands de l’Économie et de l’Agriculture ont entamé ce week-end une visite de six jours en Amérique du Sud afin de renforcer leurs relations diplomatiques, alors que les négociations en cours sur un projet d’accord commercial entre l’UE et le Mercosur battent de l’aile.
Le ministre de l’Économie et du Climat, Robert Habeck, et le ministre de l’Agriculture, Cem Özdemir, tous deux écologistes, ont entamé ce week-end leur visite de six jours au Brésil et en Colombie, dans l’espoir d’approfondir la coopération avec ces deux pays, qui ont tout les deux élus des nouveaux chefs d’Etats de gauche.
« Les changements de gouvernement dans les deux pays ont ouvert la voie à une coopération stratégique plus intense », a déclaré M. Habeck dans un communiqué avant le déplacement.
Au Brésil, les élections d’octobre dernier ont vu le candidat de gauche Luiz Inácio Lula da Silva battre le président sortant d’extrême droite Jair Bolsonaro, qui avait été lourdement critiqué pour ne pas avoir protégé la forêt amazonienne. L’élection présidentielle colombienne de mai 2022 a permis à Gustavo Petro d’être le premier candidat de gauche à être élu président.
Les deux ministres allemands espèrent concilier le renforcement des liens commerciaux et la protection des normes climatiques et environnementales de l’UE en coopérant avec les gouvernements sud-américains en matière de développement durable.
« Plus de durabilité et un renforcement stratégique de nos relations commerciales — par l’accord avec le Mercosur, nous avons la chance que les deux aillent de pair », a expliqué M. Özdemir à l’agence DPA.
Les nouveaux gouvernements brésilien et colombien sont « des partenaires importants pour la voie commune d’une transformation durable de nos systèmes agricoles et alimentaires mondiaux », a-t-il ajouté.
L’accord commercial entre les pays du Mercosur et l’UE frappe par son ambition, et touche des secteurs aussi vastes que l’agriculture, la chimie, l’automobile, la pharmacie ou encore les cosmétiques.
Or, les négociations stagnent, certains pays européens demandant de plus larges garanties que leurs homologues sud-américains respecteront l’Accord de Paris sur le climat.
C’est notamment le cas de la France. Emmanuel Macron rappelait il y a deux semaines qu’« un accord avec les pays du continent latino-américain n’est pas possible s’ils ne respectent pas, comme nous, les accords de Paris, et s’ils ne respectent pas les mêmes contraintes environnementales et sanitaires que l’on impose à nos producteurs ».
La problématique principale réside dans l’obligation de réciprocité des règles environnementales, sociales et sociétales des produits échangés, connues sous le nom de « clauses miroirs ». M. Macron se pose en défenseur de ces fameuses « clauses miroirs », sans quoi « l’accord ne peut pas être accepté », a-t-il déclaré.
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