« You’re just too good to be true, can’t take my eyes off of you… La voix chaude de Gloria Gaynor entonne ce classique et le couple princier s’élance sur la piste de danse illuminée. Nous ne sommes pas au Studio 54 dans les années 70 à New York, mais à la Salle des Étoiles plongée dans l’ère disco, samedi, pour le 58e Bal de la Rose.
Sur la piste de danse, le prince Albert II et la princesse Charlène se glissent dans le rythme, ouvrant la danse « Can’t take my eyes off of you », rapidement rejoint par les convives.Photo Eric Mahon/Palais princier.
Dans son étincelante combinaison mordorée à sequins, la princesse Charlène fait honneur à la thématique choisie par Christian Louboutin, grand ordonnateur de la soirée. Le créateur, lui, a osé le total look seventies avec perruque afro. Histoire de coller à cette époque où la musique et la mode offraient une bulle pétillante contrant la morosité des années soixante-dix. Monaco a chopé cette fièvre, samedi soir pour ce gala annuel porté par la princesse de Hanovre pour soutenir la Fondation Princesse Grace.
Dans l’entrée de la Salle des Étoiles, un mur d’images diffusait des vidéos d’icônes de la musique disco pour se mettre d’emblée dans l’ambiance.Photo Jean-François Ottonello.
Drag-queens superstars
Certes, les 800 convives sont réunis par la Société des Bains de Mer pour la bonne cause. Mais Christian Louboutin entend depuis trois éditions, faire surtout du rendez-vous un moment où les gens s’amusent.
Si l’impeccable décor dominé par les boules à facettes et l’excédent de paillettes mettait dans l’ambiance illico, c’est par le show que Christian Louboutin et ses équipes ont soigné les festivités.
La Salle des Etoiles a revêtu ses habits très seventies. Photo Pierre Villard/SBM.
Un spectacle ouvert tambour battant avec Shangela, nom de scène de DJ Shangela Pierce. Flamboyante drag-queen américaine flanquée de ses boys pour un lip sync sur Hot Stuff balancé dès l’entrée et capable de réveiller un mort.
La drag-queen Shangela a mis le feu.Photo Pierre Villard/SBM.L’iconique Shangela, qui a participé à trois saisons de la téléréalité RuPaul’s Drag Race et inscrite dans le palmarès 100 Next du magazine Time a montré son aisance sur scène dans le costume de Donna Summer ou celui de Diana Ross, incarnant les disco queens des années 70 dans un medley que le public n’est pas prêt d’oublier.Photo Eric Mahon/Palais princier.
Le temps de souffler – dans le dîner à quatre plats servi concomitamment – et voilà que débarque par les airs, Chad Michaels. Membre du Drag Queen Hall of Fame et adoubé par Cher herself dont il reprend les looks et cultive la silhouette, l’artiste enchaîne cinq tubes et autant de changements de tenues soignées du haut de la perruque au bout du talon.
L’arrivée aérienne de Chad Michaels, en fausse Cher plus vraie que nature.Photo Pierre Villard/SBM.
Ce Bal disco tient ses promesses de rendre hommage aux divas de la discipline tout en dépoussiérant totalement l’exercice du gala monégasque.
Et le public adhère.
Toujours impeccable pour orchestrer la tombola, Stéphane Bern a assuré l’exercice et pioché les numéros gagnants, tous dotés de lots prestigieux. Le premier, était un collier en or blanc offert par la maison Chanel. La Société des Bains de Mer, elle, offrait pour le jeu deux séjours luxueux dans ses palaces. Et Christian Louboutin avait ajouté un sac et une paire de bottines issus de ses collections.Photo Eric Mahon/Palais princier.
« Je survivrai »
Alors, la piste de danse s’ouvre au moment où apparaît dans un halo de lumière, Gloria Gaynor.
L’une des dernières reines de l’époque disco. Sa démarche chancelante sur le tapis rouge quelques heures avant laissait douter de l’énergie de sa prestation à venir.
Mais il y a peut-être quelque chose de magique sur les planches de la Salle des Étoiles. Cette scène qui a vu renaître Joséphine Baker en 1974, là aussi où Henri Salvador célébrait de quelques pas de danse ses 90 ans en 2007, alors qu’il marchait difficilement en coulisses. La queen Gloria, du haut de ses 80 printemps, a montré qu’elle avait survécu.
Les 48 danseurs de Sadeck Berrabah ont livré une performance bien menée dominée par un jeu de cadence des bras en rythme. À la fin de la prestation, le chorégraphe a invité le public à faire de même, avec Christian Louboutin, en élève, sur scène.Photo Eric Mahon/Palais princier.
Comme elle le serine depuis 1978 via son plus iconique hit, I will survive. Littéralement, je survivrai. Aux peines de cœur, aux trahisons, aux coups durs de la vie, à la bêtise des autres, aux emmerdes quelles qu’elles soient. À la fin de la mode du disco même.
Un tube tant chanté, tant entendu, tant dansé qu’on en oublierait presque la signification. Comme un symbole dans une période compliquée de la Principauté?
La famille princière, elle, n’a pas boudé son plaisir, occupant la piste de danse pour accompagner de ses pas la voix de Gloria Gaynor. À répéter comme un mantra: I will survive!
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