Moscou est revenu en Afrique. Ce n’est pas une nouveauté (sur ce sujet lire par exemple l’article de Charlotte Rousseaux « La Russafrique pour tenter de briser l’encerclement économique de la Russie »). Mais depuis 2006 et sa visite en Afrique du Sud, Vladimir Poutine poursuit résolument ses efforts de reconquête économique et para-militaire.
L’offensive de charme paie. Et la graine semée lors du Sommet Russie-Afrique de Sotchi en 2019 a fait des pousses.
Ainsi, lors du vote à l’Onu d’une résolution onusienne sur l’invasion de l’Ukraine, seize pays se sont abstenus de condamner l’attaque russe (L’Algérie, l’Ouganda, le Burundi, la République centrafricaine, le Mali, le Sénégal, la Guinée équatoriale, le Congo Brazzaville, le Soudan, le Soudan du Sud, Madagascar, le Mozambique, l’Angola, la Namibie, le Zimbabwe et l’Afrique du Sud), tandis que neuf n’ont pas pris part au vote (L’Ethiopie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Burkina Faso, le Togo, le Cameroun, l’Eswatini et le Maroc). Un seul, l’Érythrée, a même voté explicitement contre.
Des accords en accordéon
Après Madagascar en début d’année, c’est le Cameroun qui vient de signer un accord avec la Russie
Déjà le 15 avril 2015, Moscou et Yaoundé avaient signé un accord de coopération militaire et technique. Mais le 12 avril dernier, un nouvel accord de coopération militaire a été ratifié discrètement entre le Cameroun et la Russie. Selon RFI, « pour l’essentiel (…), les deux pays conviennent de l’échange d’opinions et d’informations en matière de politique de défense et de sécurité internationale, de développement des relations dans le domaine de la formation conjointe et l’entraînement des troupes, d’enseignement militaire, de médecine, de topographie ou encore d’hydrographie militaire. Ils conviennent aussi de l’échange d’expériences, de maintien de la paix et d’interaction dans des opérations de soutien à la paix sous l’égide des Nations unies. »
Ce nouveau rapprochement inquiète, surtout en cette période d’affrontements indirects entre Russes et Occidentaux. Ouvrir la porte un peu plus grand aux Russes, c’est courir le risque de voir des pans de l’économie locale changer de mains. Ou de voir des ESSD, comme Wagner, s’implanter au Cameroun. Une perspective qui, selon Georges Malbrunot du Figaro, irriterait Londres:

Parallèlement à ces avancées diplomatiques, la Russie poursuit ses manoeuvres de déstabilisation visant spécialement la France. Qui seront les prochains pays tentés ou acquis au « dégagisme » occidental?
Après la pitoyable mise en scène de Gossi (Mali), pour accuser la force Barkhane d’avoir laissé un charnier près de son ancienne base malienne, c’est au Burkina Faso qu’un nouvel épisode anti-français et pro-russe a eu lieu samedi. Le mouvement Burkina-Russie avait lancé un appel à la mobilisation, Place de la Nation, à Ouagadougou, pour soutenir les forces armées nationales et inviter les autorités à se tourner vers la Russie pour un partenariat militaire. Mais le rassemblement a été interdit:

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