le colonel Doumbouya définit les prochaines priorités de la transition

(Agence Ecofin) – Dans son adresse à la nation, Mamadi Doumbouya a fait le point sur la situation de la Guinée depuis sa prise du pouvoir. Il a admis qu’il restait encore beaucoup à faire dans le pays qui fait face à de nombreux défis sur les plans sociopolitique et économique. 

« La Guinée est sur la voie de la réconciliation, du développement et de la prospérité. Mais, il reste beaucoup de travail à faire, et nous devons le faire ensemble ». Tels sont les mots du président guinéen de la Transition, le colonel Mamadi Doumbouya (photo), dans son adresse à la nation, dimanche 1er octobre, veille du 65e anniversaire de l’indépendance.

Dans son discours à la nation, le colonel Doumbouya a dressé un bilan en demi-teinte de la situation actuelle du pays et défini les priorités de la transition pour les prochains mois.

« Les défis auxquels nous sommes confrontés ne connaissent évidemment pas de réponses simples. […] le 5 septembre 2021, lorsque les Forces de Défense et de Sécurité prenaient leurs responsabilités pour la rectification institutionnelle de notre pays, le tissu social était complètement fissuré, avec une quasi-absence des valeurs du vivre ensemble », a-t-il affirmé.

Cependant, pour le chef de l’État, la transition continuera d’entreprendre les actions, car « Il reste encore beaucoup de défis, notamment la réalisation des réformes institutionnelles et politiques pour atteindre les objectifs de bonne gouvernance », a-t-il fait savoir.

Le chef de l’État a par ailleurs indiqué des défis majeurs à relever quant à la situation économique. Mamadi Doumbouya prévoit à ce niveau, entre autres, de lutter contre la corruption et promouvoir la transparence, de travailler à réduire la dépendance du pays en misant sur la transformation des produits locaux en vue d’accélérer la diversification de l’économie et créer des emplois. Selon lui, la Guinée dispose de ressources naturelles abondantes qu’il faudra exploiter au profit de tous les Guinéens. De plus, il envisage d’accroître les investissements dans plusieurs secteurs.

Cependant, selon des observateurs, le pays ne pourra attirer les investisseurs qu’en renouant véritablement avec la stabilité politique.

Faut-il le rappeler, la Guinée est dirigée par un régime militaire depuis qu’un coup d’État a renversé en septembre 2021, l’ancien président élu Alpha Condé. Dans le pays, le climat politique reste tendu entre le pouvoir d’un côté, la société civile et l’opposition de l’autre.

Dans son adresse à la nation, le président Doumbouya qui, en 2022, avait fixé la durée de la transition à 2 ans ne s’est pas prononcé sur les échéances électorales initialement prévues en 2024. Pourtant, le retour à un pouvoir civil dans les plus brefs délais est vivement attendu, aussi bien par l’ensemble de la classe politique que par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). 

Pour rappel, l’organisation ouest-africaine a suspendu le pays de ses instances dès les premières heures du putsch.

Victoria Sedji

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