Ce lundi matin, une arrivée était très attendue à l’aéroport de Bordeaux. Jean a franchi les portes vitrées dans les bras de Nadine Meroux. Le gilet bleu clair de l’accompagnante était siglé Aviation sans frontières, les Ailes de l’humanitaire. Si l’émotion était contenue, dans le Hall B, quelques voyageurs avaient les yeux qui brillaient. « C’est une adoption ? » Non, Jean avait rendez-vous avec ses…
Ce lundi matin, une arrivée était très attendue à l’aéroport de Bordeaux. Jean a franchi les portes vitrées dans les bras de Nadine Meroux. Le gilet bleu clair de l’accompagnante était siglé Aviation sans frontières, les Ailes de l’humanitaire. Si l’émotion était contenue, dans le Hall B, quelques voyageurs avaient les yeux qui brillaient. « C’est une adoption ? » Non, Jean avait rendez-vous avec ses marraines de cœur.
Le petit Béninois a décollé de Cotonou la veille, le 22 octobre, à 22 h 30. À 11 heures, le lendemain, après un passage express par Paris, il est dans les bras de sa nouvelle famille d’accueil pour quelques mois. Il n’a pas de valise, il a très peu dormi, ses yeux noirs lancent des éclairs. Pour lui, malgré le voile de bienveillance qui l’entoure déjà, c’est un grand chamboulement. L’enfant âgé de 22 mois vient d’être pris en charge par l’association humanitaire La Chaîne de l’espoir. Il sera opéré dans les semaines qui suivent pour une cardiopathie congénitale de naissance (CIV) qui l’empêche de bien grandir – il pèse 6 kg – et d’avoir une espérance de vie longue.
Un frère jumeau
C’est Pauline Guitton, soutenue par sa mère, qui l’a emmené dès le lendemain passer ses examens préparatoires à l’intervention chirurgicale qui aura lieu à l’hôpital Haut-Lévêque de Pessac, en Gironde. Elle le gardera durant sa convalescence qui pourrait durer deux à trois mois. Le petit garçon est arrivé seul en France, sans son frère jumeau et sans sa maman dont Pauline Guitton mesure l’angoisse et le chagrin. « Son regard sur la photo des au revoir au Bénin et qu’on m’a transmises, je ne peux pas trop m’y arrêter sans être émue. »

Jean, avec Nadine, d’Aviation sans frontières, qui l’a accompagné sur le vol Paris-Bordeaux. Ici avec Pauline Guitton qui l’accueille en Gironde, et Sylvie Sedogbo, la responsable de La Chaîne de l’espoir en Gironde
Laurent Theillet/ « SUD OUEST »
La Chaîne de l’espoir compte une quinzaine de familles d’accueil en Gironde. L’antenne bordelaise recrute. Elle assure la prise en charge médicale et l’accompagnement d’une vingtaine d’enfants étrangers chaque année. « C’est 150, toutes antennes confondues. La prise en charge complète coûte en moyenne 15 000 euros. Tout repose sur les dons. Des familles d’accueil aux convoyeurs d’ASF qui accompagnent les enfants sur les vols d’Air France, tout le monde est bénévole. Ce sont nos correspondants cardiologues qui nous orientent les malades. Ils viennent d’Afrique de l’Ouest », explique la responsable bordelaise Sylvie Sedogbo. « Pour être parent de passage, il faut se rendre totalement disponible pendant trois mois, être à une heure maximum de l’hôpital et pouvoir offrir aux enfants un contexte de vie serein. »
Première fois
Pauline Guitton habite Le Porge, dans le Médoc. C’est la première fois qu’elle s’engage auprès de La Chaîne de l’espoir. Elle a franchi le pas en mars 2023 après avoir consulté le témoignage vidéo d’une famille d’accueil sur le bassin d’Arcachon. Elle a une formation d’auxiliaire de puériculture et d’aide-soignante et vient de prendre une disponibilité de trois mois auprès de ses employeurs. Un sacré don de soi. « Je ferai le maximum pour qu’il se sente bien et qu’il arrive à me faire confiance, même si je ne parle pas le fon, sa langue maternelle. »
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