Le Monaco economic board et la Tunisie élargissent leurs accords pour « bâtir un pont » entre les deux pays

Après avoir ouvert un nouveau marché en Arabie-saoudite en janvier, le Monaco economic board met maintenant le cap sur la Tunisie. Le MEB a reçu, jeudi 22 février, ses homologues tunisiens pour aller plus loin dans les échanges économiques qui lient les deux pays. Guillaume Rose, directeur général exécutif du MEB, a réaffirmé son envie de travailler avec la Tunisie au sortir du forum.

Jeudi matin, le Monaco economic board a organisé une rencontre avec ses homologues tunisiens, en compagnie de la Fédération des entreprises monégasques (FEDEM) et le Club des entrepreneurs monégasques en Afrique (CEMA). Dans quel but?

 

Dans la lignée des accords noués entre la Principauté et la Tunisie, le « ministre des affaires étrangères, de la migration et des Tunisiens à l’étranger » (Nabil Ammar, NDLR) est venu signer un accord diplomatique et est venu avec la délégation économique de l’UTICA (Union tunisienne de l’industrie du commerce et de l’artisanat). Elle a dépêché son président et son vice-président pour bâtir un pont entre Monaco et la Tunisie. Nous, qui aimons regarder du côté de la Méditerranée, avons cette même volonté. Le MEB et la FEDEM ont répondu présent pour faire ce forum économique qui a été d’une très grande qualité avec des intervenants de haut niveau, qui ont dépeint les avantages et les possibilités offerts par la Principauté et la Tunisie. Il s’est dégagé de cette matinée des opportunités et une énorme volonté tunisienne de faire des affaires avec nous.

 

Vous parliez des avantages de l’économie tunisienne, quels sont-ils  

 

La Tunisie est l’atelier de l’Europe. Il y a une main-d’œuvre extrêmement qualifiée. La Tunisie a une vraie histoire en termes d’éducation. C’est la numéro 1 en Afrique sur ce secteur-là, de même concernant la recherche. Le taux de chômage est malheureusement à 16 %, ce qui est assez fort, mais les Tunisiens sont prêts à travailler, ils veulent d’une Tunisie moderne et qui bouge. Aujourd’hui, ces entrepreneurs sont les tenants de la Tunisie en mouvement. Puis on a déjà une histoire méditerranéenne commune qui est forte, des liens historiques qui remontent à Albert 1er… On a découvert lors de cette matinée que le pays était très concerné par les questions environnementales, ce qui est très important pour nous. 

 

Quand on parle de la Méditerranée, la question des migrations est centrale. Avez-vous échangé à ce sujet? 

 

Le meilleur moyen d’enrayer les flux migratoires forts, et c’est un point de vue politique, pas celui du MEB, c’est d’aider à développer les talents sur place et bâtir de vrais ponts avec des entreprises ici ou en Tunisie. Notre idée est de créer des emplois là-bas. Comme l’entreprise Conti (fabriquant de machines à café, NDLR) dont une certaine partie non négligeable des effectifs se trouve en Tunisie […] On veut pouvoir développer une vraie alliance, sur le même modèle que celle qui nous lie avec la région et l’Italie. 

 

Ces relations bilatérales ouvrent-elles la voie à des rencontres plus larges avec le monde du travail maghrébin? 

 

Nous allons au Maroc dans deux mois pour continuer de développer ces liens. On est dans la même démarche qu’avec la Tunisie. Donc la réponse est oui, massivement oui, la Principauté est ravie de renouer avec sa vocation méditerranéenne.

Monaco et la Tunisie: des liens solides

Les échanges économiques et diplomatiques entre la Principauté et la Tunisie remontent à bien longtemps. En 1993, la coopération bilatérale est initiée entre les deux Etats. En 1999 déjà, le Monaco economic board, alors encore un nouveau-né, organise sa première rencontre à l’étranger en Tunisie. En 2008, les deux parties vont plus loin et ratifient un accord-cadre agissant principalement dans les secteurs de la santé, de l’accès au travail et de l’éducation. 

 

Enfin, en 2017, le MEB signe un « memorandum of understanding » avec l’UTICA (Union tunisienne de l’industrie du commerce et de l’artisanat). S’ensuivra notamment ce forum économique entre les deux délégations en 2024, et la promesse de Guillaume Rose: « Nous nous rendrons en Tunisie à l’invitation des autorités dans les deux années à venir. »

L’info en +: la Principauté et la Tunisie ratifient un accord professionnel

La journée du jeudi 22 février s’est divisée en deux temps. Une matinée autour des enjeux économiques, et une après-midi davantage axée sur des questions diplomatiques.

C’est dans ce contexte qu’un accord « de coopération sur la formation professionnelle » a été signé entre Monaco et la Tunisie.

Photo MEB.

Le ministre des affaires étrangères tunisien à la rencontre des entrepreneurs monégasques

Le ministre des affaires étrangères, de la migration et des Tunisiens à l’étranger, Nabil Ammar – qui a pris la parole lors du forum – a accompagné la délégation tunisienne en Principauté jeudi. 

 

Il a pu rencontrer son homologue Isabelle Berro Amadei, conseiller de gouvernement-ministre des Relations extérieures et de la Coopération… tous deux entourés par des membres du MEB et de l’UTICA (Union tunisienne de l’industrie du commerce et de l’artisanat).

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.